La start-up belge Inoopa va lever trois millions d’euros

La scale-up, active dans le data, va accélérer grâce à une nouvelle levée de fonds et se lance sur le marché français.

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Déterminer ce que fait exactement une entreprise grâce à l’intelligence artificielle et ainsi permettre d’enrichir les bases de données de nombreuses entreprises, c’est l’objectif de la start-up belge Inoopa. Créée en 2016, Inoopa est même déjà une scale-up.

"Notre solution permet d'identifier correctement ce que fait une entreprise", explique Jean-Pol Boone, fondateur et CEO. "Grâce à l'intelligence artificielle et l'analyse de langage, nous pouvons dresser un profil d'activité très précis de chaque entreprise."

Concrètement, au départ d'un terme de recherche, il est possible de trouver toutes les entreprises qui y sont associées. Pour cela, Inoopa utilise des données qu'elle récolte auprès de multiples sources comme les open data fournies par les universités ou les autorités. Mais elle utilise également les informations disponibles sur le Web comme les sites de l'entreprise ou les comptes Facebook, Instagram et LinkedIn. "On croise ces données qui sont associées aux numéros d'entreprises", précise le CEO. "Celles-ci permettent ensuite d'analyser le contenu grâce à des mots-clés qui vont caractériser l'activité de l'entreprise."

Identifier les concurrents, corriger et enrichir les bases de données des clients ou permettre de prospecter de nouvelles entreprises… les données d’Inoopa peuvent être utilisées de plusieurs façons. Depuis sa création, elle a d’ailleurs corrigé plus de 905 000 données.

Sur le terrain, cela se traduit par des nouveaux partenariats. Par exemple, avec le gouvernement flamand qui souhaite identifier les entreprises actives dans l'économie circulaire. "Grâce à ces données, Inoopa est capable de fournir un rapport complet et précis des entreprises concernées", sourit Jean-Pol Boone. Autre exemple, chez Axa, qui optimise les contrats et les polices d'assurance selon l'activité de l'entreprise.

Si le prix varie selon les différentes options choisies comme les codes Nace (nomenclature officielle des activités des entreprises dans l'Union européenne), qui sont l'option la plus prisée, la recherche de concurrents ou les informations financières, la moyenne du produit est de 40 000 euros par an. Parmi les clients, on retrouve ING, Engie, Total, Graydon, Proximus, Voo… des grosses entreprises donc mais "on est en train de développer un outil pour s'adresser aux PME", précise le CEO.

Changement de stratégie

Inoopa n'a pas de concurrence directe sur le marché, deux entreprises utilisent les codes Nace mais elles sont actives en Finlande et aux États-Unis. "On est sur un marché de niche", ajoute Jean-Pol Boone.

Active en Belgique et aux Pays-Bas, Inoopa va se lancer sur le marché français cette année, avant l’Allemagne en 2022, l’Espagne et le Portugal en 2023. Le mot d’ordre ? Accélération. Finie la "gestion en bon père de famille", Inoopa ne vise plus la rentabilité mais la croissance.

Pour réussir, elle prévoit de lever 3 millions d’euros auprès de fonds français et d’un entrepreneur belge. Soutenue par Noshaq, Inoopa avait déjà réalisé une levée de fonds de 300 000 euros. En plus d’accélérer, cette levée de fonds permettra de doubler les effectifs dans les 18 mois alors que, pour le moment, l’équipe est composée de 12 personnes.

Autre nouveauté, le développement d'une nouvelle interface web "pour que l'on puisse proposer notre outil de prospection ou d'enrichissement des données directement en self-service."

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