Le duo d'acteurs locaux Rossel et DPG Media confirme le rachat de RTL Belgium

Christian Van Thillo (DPG Media) et Bernard Marchant (Rossel), patrons flamand et francophone, des deux plus importants groupes médias en Belgique, confirment lundi le rachat de RTL Belgium, dans un entretien publié par Le Soir et les titres Sudpresse.

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© JC Guillaume

"Le rachat s'est fait à 215 millions, auquel s'ajoutera un dividende de 35 millions. La trésorerie de RTL, qui est de 60-70 millions, le permet largement. Est-ce que c'est trop cher? Cela dépendra surtout de ce que l'on va en faire. En termes de potentiel, c'est un prix équitable", commente M. Marchant. "Nous sommes des partenaires à part entière, on discutera tout ensemble", souligne pour sa part Christian Van Thillo.

"Il est important de souligner que les centres de décision des entreprises reviennent dans des mains belges. Ce n'est pas neutre. Le groupe Rossel a toujours regardé aussi ce qu'il se passe en Flandre et pas seulement en France", relève M. Marchant.

Il précise qu'en termes de concurrence, "rien ne va changer sur le marché national. Le marché de la télévision n'est pas celui de la presse. La part de marché de VTM ou de RTL reste identique. L'opération se fait au niveau national avec des opérateurs dont l'intégration ne va pas changer les parts de marché en Flandre ou en Belgique francophone. RTL n'a quasiment aucune présence sur le marché publicitaire régional. Ce que l'Autorité va vérifier, c'est qu'il n'y ait pas d'obligation d'offres publicitaires combinées, au nord et au sud. C'est quelque chose que l'on ne fera jamais. N'oublions pas qu'une grande partie des annonceurs ne sont pas nationaux".

En ce qui concerne l'emploi, M. Marchant pointe que les groupes font part d'un "monde évolutif et pas en rupture. Nous n'allons jamais gérer ce projet avec une rupture, mais plutôt en continuité et accélération, en s'appuyant sur les nombreux talents qui y sont".

Enfin, M. Van Thillo annonce que les groupes vont œuvrer sur trois axes stratégiques: la transformation digitale des médias, la poursuite de l'expansion, peut-être en Europe, pour atteindre une taille critique qui permette d'investir dans cette transformation digitale, et le développement de nouveaux métiers, comme les services en ligne.

"Nous n'avons aucun objectif en termes d'expansion de notre chiffre d'affaires. Nous sommes une entreprise familiale avec une vision à très long terme", assure-t-il.