Que faut-il savoir pour télétravailler depuis l'étranger ?

SD Worx met en lumière quelques points d'attention qu'il est conseillé de passer en revue avec son employeur avant d'envisager de travailler depuis un pays étranger.

Après la Belgique, la France est le pays préféré des Belges pour une résidence secondaire ou une destination de vacances, et donc un potentiel fief de télétravail.
Après la Belgique, la France est le pays préféré des Belges pour une résidence secondaire ou une destination de vacances, et donc un potentiel fief de télétravail. ©Shutterstock
Fleur Olagnier

Résidence secondaire, famille éloignée ou simplement location de vacances, télétravailler pour prolonger son séjour dans un cadre agréable est de plus en plus tentant. La diminution des restrictions sanitaires et l'usage toujours conséquent du travail à distance en sont les principales raisons. Mais attention, en fonction du pays choisi, il peut y avoir besoin de documents supplémentaires ou exister un impact sur le salaire net perçu.

Après la Belgique, la France est le pays préféré des Belges pour une résidence secondaire ou une destination de vacances. D'après SD Worx, avant d'aller y télétravailler, il est bon de demander à son employeur le formulaire A1 (type détachement qui prouve que vous payez des cotisations de sécurité sociale en Belgique), un document S1 (qui donne droit à des soins médicaux) et une carte européenne d’assurance maladie (pour les soins médicaux urgents). Dans le cas où vous travaillez uniquement depuis votre maison de vacances, il n'est pas obligatoire de faire une déclaration préalable via le site web de l'organisme Sipsi.

Espagne, Italie ou Pays-Bas ?

Concernant la deuxième destination étrangère favorite des Belges, l'Espagne, aucune déclaration préalable n'est obligatoire, mais il est préférable d’avoir également un document A1 donnant droit à un certificat S1 (accès à l’aide médicale publique) ou la carte européenne d’assurance maladie.

Pour l'Italie, qui figure dans le top 3 des résidences secondaires, il n'y a pas non plus d’obligation de déclaration. A noter toutefois que toutes les lois sur le travail s’appliquent également à vous dès le premier jour, sauf l’interdiction d'heures supplémentaires ou de travailler un dimanche ou un jour férié. Les formalités facultatives sont l'établissement du certificat A1 et la carte européenne d’assurance maladie.

Enfin, les Pays-Bas sont aussi très populaires, notamment pour les voyages de moins de 4 jours. La déclaration préalable n'y est pas nécessaire non plus si vous travaillez depuis votre résidence de vacances, mais ne prestez aucun service pour une entreprise néerlandaise. La carte européenne d’assurance maladie et le formulaire A1 sont toujours conseillés.

Impact sur le salaire net

"Si vous envisagez de travailler à l'étranger pendant plusieurs mois, votre séjour à l’étranger peut également avoir un impact sur votre salaire net", complète Valérie t’Serstevens, National and International Employment Manager de SD Worx. "Il se peut que vous soyez imposable dans votre pays de vacances et que vous deviez payer plus ou moins d’impôts".

En effet, certains pays appliquent une législation spécifique en matière de télétravail, qui peut également s’appliquer aux télétravailleurs étrangers. Parfois, d'autres normes sont en vigueur en matière de santé et de bien-être, d’heures supplémentaires, de travail de nuit, de jours de vacances minimum ou encore d’autres salaires minimums. Par exemple, les médecins néerlandais ne fournissent pas de certificat médical car les employeurs utilisent un service nommé Arbo. L'idéal est donc d'échanger avec son employeur sur le pays de destination avant le départ afin que les deux parties soient en règle.

"En cas de séjour de plus de six mois, l’emploi à l’étranger pourra avoir un impact sur votre salaire net", conclut SD Worx. "Si vous envisagez de travailler pendant une plus longue période en dehors de l’Europe, par exemple au Royaume-Uni, tout devient beaucoup plus complexe et vous devrez disposer des permis de travail et de séjour adéquats. De plus, vous aurez peut-être besoin d’assurances complémentaires. Par prudence, exposez vos projets de séjour à l’étranger à votre employeur".

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