Annonce de restructuration chez Twin Disc International à Nivelles : "Nous sommes outrés par la méthode", fulminent les syndicats

La direction a annoncé le licenciement de 23 personnes, alors que le site de Nivelles emploie 141 travailleurs.

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La Libre Eco avec Belga

Twin Disc International, spécialiste des systèmes de transmissions de puissances navale et industrielle, basé à Nivelles, a annoncé mercredi son intention de réorganiser ses activités. Le plan prévoit 23 licenciements dans les deux ans, sur les 141 collaborateurs de l'entreprise. La réorganisation a pour but de concentrer "l'usine sur ses compétences stratégiques, l'usinage et l'assemblage de systèmes de transmission, tout en externalisant ses activités non stratégiques à des tiers".

La direction fait part d'un "environnement de marché difficile", avec son principal marché - la construction navale - "sévèrement touché par la crise du Covid-19". Rien n'indique en outre que la situation va rapidement s'améliorer, soulève-t-elle.

L'entreprise veut pérenniser les activités sur le site et a l'intention d'investir "considérablement" en 2022 et d'améliorer sa structure de coûts grâce à des programmes d'amélioration continue.

Les activités externalisées à des tiers "ne sont pas compétitives", poursuit-elle.

Le directeur de l'usine, Luc Vergels, évoque une "annonce difficile". "Nous souhaitons entamer un dialogue constructif avec nos partenaires sociaux et espérons pouvoir trouver des solutions appropriées dans l'intérêt de tous les collaborateurs concernés."

Les représentants des travailleurs refusent tout licenciement

Le front commun syndical a pris acte des déclarations de la direction mais refuse à ce stade tout licenciement, et ne se dit pas prêt à discuter avec la direction avant le début du mois de septembre. "Nous sommes outrés par la méthode : on sait qu'il y a des difficultés mais ce n'est pas une raison pour pratiquer de cette manière, quand les gens partent en congé. C'est malsain", résume le permanent FGTB Philippe Genin, soulignant qu'il y a pourtant une tradition de concertation sociale au sein de Twin Disc.

"Humainement, ça fait mal", indique de son côté le délégué principal CSC Jean-Marc Bottemanne. Celui-ci ne se voit pas entamer des discussions avec la direction durant les vacances, en l'absence des travailleurs potentiellement concernés par les licenciements annoncés. En assemblée générale, il a été décidé que le travail continuerait à ce stade dans l'usine de Nivelles, qui emploie 141 personnes. Mais les syndicats refusent à ce stade ces licenciements et ont décidé de ne pas négocier avant septembre avec la direction de l'entreprise.

"Les travailleurs de Twin Disc ont souvent beaucoup d'ancienneté, et sont très attachés à leur entreprise, à laquelle ils ont beaucoup donné. Le personnel est sous le choc et nous sommes inquiets pour la suite. La direction dit qu'elle va investir trois millions d'euros mais il n'y a pas de garantie à ce stade. Pour l'instant, ce sont 23 ouvriers qui sont concernés mais si le volume de travail diminue, forcément, à terme, des employés et des cadres seront également touchés. On refuse tout licenciement. Jusqu'à présent, la concertation sociale s'est toujours bien passée. Par exemple, nous sommes une des rares entreprises qui n'a pas recours aux intérimaires. Mais, depuis quelques années, les responsables se succèdent à la tête de la société et nous avons de plus en plus de mal à nous identifier", ajoute Jean-Marce Bottemanne.

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