Travailler seulement 4 jours par semaine avec le même salaire aurait de nombreux avantages: "Des pays pourraient en tirer les leçons"

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J.F.

L'Islande s'est définitivement imposée comme la pionnière de la semaine de travail de quatre jours dans le service public. Selon les résultats des plus grands tests jamais menés sur le sujet en Islande et dans le monde, travailler quatre jours par semaine au lieu de 5 n'aurait aucune conséquence néfaste sur la productivité. Mieux, cela réduirait les risques de burn-out et d'anxiété chez les travailleurs qui pourraient mieux trouver l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Pour en venir à cette conclusion, l'Islande a encouragé 1% de ses travailleurs à passer à une semaine de quatre jours de travail au lieu de cinq et ce, sans perte de salaire. Lors du premier test, réalisé de 2015 à 2019 dans la capitale Reykjavik, les participants ont été sélectionnés aussi bien parmi les garderies, la mairie ou encore les maisons de soins. Lors du deuxième test, de 2017 à 2021, ce sont cette fois les travailleurs d'agences gouvernementales dans tout le pays qui ont tenté l'expérience. En tout, 2500 personnes du secteur public ont participé aux deux tests. L'idée, formulée par les syndicats islandais, était de passer progressivement d'une semaine de 40 heures à une semaine de 35 heures, sans toucher au salaire initial et sans que les employeurs en pâtissent.

Pas de perte de productivité

Selon les résultats analysés par deux think tank, l'anglais Autonomy et l'islandais Association of Sustainability and Democracy, cette étude a répondu à toutes les attentes. Ainsi, contrairement à ce que l'on pourrait penser, travailler moins longtemps ne veut pas forcément dire travailler moins. Globalement, il n'y a pas eu de perte de productivité chez les travailleurs. Comme l'explique le Business Insider qui relaye les conclusions des tests, les personnes impliquées se sont mieux organisées et ont mieux géré leur temps de travail.

Un meilleur moral

Non seulement le travail n'a pas été impacté mais, en plus, le bien-être des employés a sensiblement augmenté. Les niveaux de stress et de burn-out ont bien diminué. Les travailleurs interrogés ont déclaré se sentir plus heureux et plus positifs. Puisqu'ils ont pu passer plus de temps avec leur famille, beaucoup de participants ont également déclaré être plus performants au boulot. Si dans quelques cas, cela n'a rien changé, précisons tout de même que le bien-être n'a en tout cas jamais diminué.

Un modèle à suivre?

Pour les chercheurs, les conclusions de ces études sont "cruciales" pour le monde du travail. Elles ont déjà permis aux syndicats islandais de négocier une réduction du temps de travail dans plusieurs domaines. "Cela montre que le secteur public est mûr pour être un pionnier des semaines de travail plus courtes, et des leçons peuvent être tirées pour d'autres gouvernements", a déclaré Will Stronge, directeur de la recherche chez Autonomy, dans un communiqué publié en même temps que l'analyse.

Notons qu'en 2020, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) classait l'Islande en 9ème position des pays dont les travailleurs avaient les plus petites journées, juste devant... la Belgique ! 


Ce projet fait en tout cas déjà des émules. Récemment, l'Espagne a mis sur pied un projet similaire d'une semaine de quatre jours de travail. Au Royaume-Uni, 45 députés ont soumis cette proposition au gouvernement. Un premier pas avant de futures évolutions?