Les investisseurs ont injecté dans les start-up belges, en à peine six mois, autant de capitaux qu'en 2020

Les levées de fonds en faveur des start-up “tech” belges ont atteint un montant record au 1er semestre. Biotech, FinTech et HealthTech sont les cibles les plus prisées, et les business angels belges se montrent très actifs.

Sur les 86 opérations recensées au cours des six derniers mois, une bonne moitié a dépassé la barre du million d’euros.
Sur les 86 opérations recensées au cours des six derniers mois, une bonne moitié a dépassé la barre du million d’euros. ©Shutterstock

Neuf cent vingt-sept millions d’euros. D’après le dernier décompte effectué par Omar Mohout, figure de référence au sein de l’écosystème belge des entreprises technologiques de croissance, tel est le montant levé par les start-up et les scale-up "tech" belges au cours du premier semestre 2021. "La Belgique n’avait jamais enregistré un tel résultat par le passé. C’est un record pour un premier semestre", explique-t-il à La Libre. Professeur d’entrepreneuriat à l’Antwerp Management School et à la Solvay Brussels School, Omar Mohout vient de rejoindre la société de consultance Nova Reperta, en tant que "Partner" et "Head of Digital", après avoir travaillé comme expert au Sirris (Centre de connaissances technologiques). Cela fait plusieurs années qu’il scrute, jour après jour, les opérations de levées de fonds menées par les jeunes sociétés technologiques belges auprès d’investisseurs en capital à risque (business angels, fonds d’investissement publics et privés, introductions en Bourse, etc.).

Avec un montant de 927,13 millions d’euros, les investisseurs belges et étrangers ont injecté, en six mois de temps, pratiquement autant de capitaux que ce qu’ils avaient fait sur l’ensemble de 2020, une année record avec 1,06 milliard d’euros. Autant dire que 2021 se traduira par un nouveau montant record et que, en 2020 comme cette année, la crise sanitaire n’a en rien freiné l’engouement des investisseurs.

Intérêt croissant de fonds "VC" américains

Sur les 86 opérations recensées par Omar Mohout au cours des six derniers mois, une bonne moitié a dépassé la barre du million d’euros. On dénombre par ailleurs, comme l’an dernier, deux "IPO" (introductions en Bourse). Il s’agit de la "MedTech" wallonne Nyxoah, qui a fait l’objet très récemment d’une introduction sur le marché boursier américain Nasdaq (avec une levée de 97,8 millions de dollars), et de la start-up Choice (guide TV gratuit sur les réseaux sociaux). Parmi les autres grosses opérations de cette première partie de l’année, l’expert de Nova Reperta épingle la "FinTech" belgo-française iBanFirst (de l’ordre de 150 millions d’euros) et la scale-up flamande Lansweeper (130 millions d’euros).

Ces deux dernières opérations sont révélatrices de l’intérêt croissant des fonds de capital-risque étrangers pour les sociétés technologiques belges. Dans le cas d’iBanFirst, scale-up spécialisée dans les paiements transfrontaliers pour les entreprises, c’est le fonds américain Marlin Equity Partners qui a mené l’opération. Pour Lansweeper, active dans la gestion des actifs informatiques, c’est aussi un gros fonds américain, Insight Partners, qui était à la manœuvre. Au total, une vingtaine de fonds étrangers (anglais, français, allemands, néerlandais…) ont pris part à des levées de fonds pour le compte de start-up et scale-up technologiques belges. On trouve aussi toute une série de fonds "corporate", belges comme étrangers (Partena, Belfius, D’Ieteren, Sandvik, etc.). Les cinq fonds belges les plus actifs ont été imec.istart Fund, PMV (Région flamande), LRM (fonds de développement du Limbourg), la SFPI (État fédéral) et la SRIW/W.IN.G. (Région wallonne). Soit, pour l’essentiel, des fonds publics. Suivent, par ordre d’importance, Finance&Invest Brussels, Volta Ventures, Fortino et Pamica.

En termes sectoriels, l’analyse d’Omar Mohout révèle que les trois domaines les plus prisés des investisseurs sont la finance (FinTech), la santé (HealthTech) et les technologies de l’information (IT), avec un total de 572 millions d’euros levés au cours du premier semestre.

On notera que les start-up et scale-up technologiques basées en Flandre et à Bruxelles se taillent la part du lion des levées de fonds (avec respectivement 538,1 et 293,4 millions d’euros). La Wallonie doit se contenter de 95,5 millions d’euros. "Mais en 2020, tient à préciser Omar Mohout, la Wallonie avait levé davantage de fonds que la Flandre."

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