Emma Walmsley, PDG de GSK: la femme d'affaires la plus puissante du monde face à la tourmente

Femme d’affaires la plus puissante du monde, selon Forbes, Emma Walmsley fait front dans la tempête, face à des investisseurs hostiles et au Covid.

Emma Walmsley, PDG de GSK: la femme d'affaires la plus puissante du monde face à la tourmente
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Retard à produire un vaccin, accusations de gestion inefficace et contre-performance de l’action : la patronne sous pression du géant pharmaceutique GSK, Emma Walmsley, a présenté mercredi des résultats mitigés, entre baisse du résultat et reprise des ventes.

La Britannique de 52 ans tient, depuis 2017, la barre d’un poids lourd du secteur qui a pris du retard dans la mise au point d’un vaccin contre le Covid-19. GSK (GlaxoSmithKline) espère lancer son sérum, développé par le français Sanofi, fin 2021, bien après son grand concurrent britannique, AstraZeneca, qui a été l’un des premiers sur le marché alors qu’il était jusqu’ici peu actif dans la vaccination. Mais le grand projet d’Emma Walmsley consiste à remodeler son groupe, avec la création d’un "nouveau GSK", séparé de son activité de médicaments sans ordonnance et de parapharmacie.

Déjà aux prises avec la pandémie et cette transformation, la dirigeante a senti récemment le vent du boulet avec l’entrée au capital du fonds activiste américain Elliott. Ce dernier entend profiter du mécontentement d’actionnaires devant les faibles performances boursières de GSK et a même suggéré de réfléchir à un remplaçant pour Mme Walmsley. Mais le conseil d’administration s’est rangé derrière la dirigeante, éteignant provisoirement l’incendie.

"J’ai génétiquement la chance d’avoir de l’endurance et de la résilience", confiait en juin au Sunday Times celle dont le père était un haut responsable de la Royal Navy. La dirigeante, adepte du yoga, est connue pour sa discipline. Ses rendez-vous sont minutés et elle ne quitte jamais les dîners d’affaires après 21h.

L’ancienne responsable (pendant 17 ans) du géant français des cosmétiques L’Oréal a l’habitude d’être face aux critiques, en particulier pour son manque d’expérience dans la pharmacie. "Je pense qu’avoir un nouveau regard est en fait quelque chose qui aide énormément", se défendait-elle dans le Financial Times en 2017. Diplômée de l’université d’Oxford et anoblie en 2020 par la reine Elizabeth II, elle est entrée chez GSK en 2010.

Mariée et mère de quatre enfants, Mme Walmsley fait partie de la poignée de femmes qui dirigent un groupe phare de la Bourse de Londres. Le magazine américain Fortune l’a placée pour 2020 à la première place de son classement des femmes d’affaires les plus puissantes du monde.