Cancers liés au Roundup : Bayer perd de nouveau en appel aux Etats-Unis

Le groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto, a perdu son troisième appel dans des poursuites aux USA visant le RoundUp, désherbant à base de glyphosate, classé "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Bayer a racheté Monsanto en 2018
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A. Msc., avec AFP

Bayer, le géant allemand de la chimie, a perdu une nouvelle fois un appel en justice aux Etats-Unis contre un jugement pris en 2019 en faveur d’un couple d’utilisateurs. Ceux-ci affirmaient être tombés malades après avoir utilisé du désherbant Roundup. Pour rappel, ce produit a été mis sur le marché en 1975 par l’entreprise américaine Monsanto, elle-même rachetée par Bayer en 2018.

La cour d’appel de San Francisco confirme donc la décision statuant que le Roundup provoquait des cancers. Un revers pour l’entreprise qui fait face à des milliers de poursuites judiciaires aux Etats-Unis.

La cour a cependant également confirmé la décision d'un juge de réduire très fortement le montant de la compensation accordée par le jury à Alva et Alberta Pilliod, de 2 milliards de dollars à 86,7 millions de dollars.

Rachat de Monsanto en 2018... une bonne idée ?

Si le cours de l’action n’a pas trop souffert à la suite de cette annonce, on ne peut pas en dire autant depuis le rachat de Monsanto en juin 2018. L’action est passée de près de 100 euros à moins de 48 euros actuellement.

Plombé par ces procédures, Bayer a subi une perte nette de 2,3 milliards d'euros au deuxième trimestre 2021. Le groupe a en effet passé des provisions supplémentaires de 4,5 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) pour faire face aux poursuites. Malgré ces provisions, certains analystes redoutent le poids de ces procédures sur le long terme.

Il avait signé en juin 2020 un large accord de plus de 10 milliards de dollars pour mettre fin aux quelque 125.000 plaintes. Mais un juge américain a rejeté en mai une partie de ce plan, qui aurait limité le coût des futures réclamations en recours collectif.

Bayer répète son désaccord et avance un manque de preuve tangible

Ce mardi, Bayer a répété être "respectueusement en désaccord avec la décision de la cour" de San Francisco, qui ne s'appuie, selon lui, sur aucune preuve tangible.

"Nous continuons à défendre fermement l'innocuité du Roundup, une position soutenue par quatre décennies de données scientifiques approfondies et les évaluations des principaux organismes de réglementation sanitaire du monde entier qui soutiennent son utilisation sûre", a déclaré un porte-parole du groupe.

Le glyphosate, principal composant du Roundup, est néanmoins classé comme "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Bayer a précisé que "Monsanto étudiera ses options juridiques dans cette affaire".

Dans son arrêt, le juge a déclaré que Monsanto avait fait preuve d'un "refus intransigeant d'informer le public" sur les dangers d'un produit qu'elle a rendu largement disponible dans les quincailleries américaines.

"Monsanto savait que les études soutenant l'innocuité du Roundup n'étaient pas valides lorsque les Pilliod ont commencé à pulvériser du Roundup dans leur jardin, sans gants ni équipement de protection, incités par les publicités télévisées", affirme le jugement.

Selon le juge, l'accord ne protège pas suffisamment les intérêts des personnes qui ont utilisé le Roundup avant février 2021 et n'ont pas encore été diagnostiquées d'un lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique.

En mai, un tribunal de San Francisco a par ailleurs confirmé une condamnation contre Bayer à payer 25 millions de dollars de dommages et intérêts à un retraité de Californie, Edwin Hardeman, diagnostiqué d'un lymphome non hodgkinien en 2015.

Mardi, Bayer a indiqué que Monsanto prévoyait de "déposer une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis ce mois-ci" dans cette affaire.

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