L'écart de perception entre les cadres et les employés n'a jamais été aussi grand

Lors de son dernier coup de sonde, le consultant en entreprise PwC fait état d'un écart grandissant entre cadres et employés au moment de parler de la culture de leur entreprise.

L'écart de perception entre les cadres et les employés n'a jamais été aussi grand
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François Thys

Étrange dualité que celle mise en avant dans la dernière étude menée par le consultant PwC. Dans sonPwC Global Culture Survey 2021, il met tout d'abord en avant l'importance grandissante accordée à la culture de l'entreprise. "La culture d'une organisation peut se définir comme les modèles de comportement autonomes qui déterminent la manière dont les choses sont faites", éclaircit PwC. "81 % des sondés qui déclarent que leur organisation a été capable de s'adapter au cours de l'année écoulée affirment également que leur culture d'entreprise leur assure un avantage concurrentiel." Ce coup de sonde révèle aussi que "73 % des répondants qui déclarent que la culture d'entreprise garantit un avantage concurrentiel affirment également que la prise de décisions rapide est devenue plus facile ou n'a pas évolué pendant la pandémie".

Une perception positive de la culture d'entreprise, donc. Elle permet en effet de développer une sentiment d'appartenance à une communauté, avec pour effet direct de mieux répondre aux besoins des clients, de l'innovation et commerciaux.

Un gouffre entre les cadres et les autres

Mais voilà : dans les échelons inférieurs de la hiérarchie, la perception est tout autre. "En 2018, 66 % des travailleurs de première ligne estimaient que la culture de leur organisation était plus importante que la stratégie ou le modèle opérationnel, contre 46 % en 2021. De même, on constate une divergence dans la manière dont la finalité de l'entreprise est perçue par les différents niveaux du personnel : 83 % des cadres supérieurs déclarant ressentir un lien personnel avec la finalité de l'entreprise, contre seulement 54 % du reste de la main-d'œuvre", détaille PwC.

Des divergences de plus en plus grandes, en particulier en ce qui concerne la diversité, l'équité et l'inclusion (DEI). "Trois quarts des cadres du C-level et du conseil d'administration (74 %) estiment pouvoir être eux-mêmes au travail, contre seulement 66 % des autres travailleurs. De même, 64 % des cadres supérieurs du monde estiment que leur entreprise encourage le débat sur des sujets sensibles et délicats, contre 51 % pour le reste des travailleurs."

"Cette incohérence entre la vision des dirigeants et celle des travailleurs empêche de percevoir les avantages d'un investissement dans la culture d'entreprise", explique Tom Verboven de PwC Belgique. "Nous avons constaté que cet écart entre ce que les dirigeants disent vouloir instaurer comme culture d'entreprise et la manière dont les travailleurs la perçoivent a un effet négatif sur une valeur très importante : la confiance. Or sans confiance, il devient beaucoup plus difficile d'amener des changements."

L'implication des dirigeants pas assez forte selon les employés

Un déficit de confiance qui peut également influencer la perception que les employés ont de leurs dirigeants. "Les cadres supérieurs et les membres du conseil d'administration sont convaincus (73 %) d'être l'incarnation vivante de la culture, des valeurs et de l'objectif de l'entreprise. Or seuls 46 % des travailleurs pensent que les dirigeants joignent le geste à la parole", pointe encore les auteurs de l'étude.

"Il y a encore beaucoup à faire pour traduire les bonnes intentions des dirigeants en matière de culture d'entreprise en gains mesurables en termes de rétention des collaborateurs, de DEI et d'initiatives de transformation", ajoute Tom Verboven.

Ces divergences de perception au niveau de l'inclusion et du fonctionnement d'une entreprise risquent d'augmenter le nombre de départs. Or quand on sait que "le recrutement et la rétention des talents arrivent en tête de liste des éléments de culture d'entreprise à améliorer en priorité aux yeux des cadres", un important travail va devoir être fourni par les équipes dirigeantes afin de résorber l'écart entre les différentes visions de leur société s'ils veulent atteindre leurs objectifs.