Microsoft et Amazon se disputent un contrat à plusieurs milliards de l'agence de renseignement militaire américaine

Microsoft et Amazon se disputent un contrat à 10 milliards de dollars de l'agence de renseignement militaire américaine, la NSA. Par le passé, les deux mastodontes du cloud se sont déjà affrontés sur un terrain similaire.

Satya Nadella (CEO de Microsoft) et Jeff Bezos (fondateur d'Amazon).
© DPA-AFP
La Libre Eco avec AFP

L'agence de renseignement militaire américaine, la NSA, a décerné à Amazon un mégacontrat de cloud (informatique à distance) de 10 milliards de dollars mais Microsoft a déposé un recours pour disputer ce choix, d'après des informations de presse.

"Etant donné la décision, nous avons déposé une plainte administrative devant la GAO (l'agence du Congrès chargée de contrôler le budget fédéral des Etats-Unis, ndlr)", a indiqué Microsoft à l'AFP.

"Nous exerçons nos droits légaux et allons continuer ainsi de façon prudente et responsable", a continué un porte-parole du groupe informatique. Le dépôt de plainte, mais pas le texte, est visible sur le site de cette agence.

Ni Microsoft ni Amazon n'ont confirmé l'existence ou le montant du contrat.

Selon le site d'information spécialisé Nextgov, la NSA a choisi le géant du commerce en ligne et des technologies, leader mondial du cloud, pour un contrat baptisé "WildandStormy" ("sauvage et tempétueux"), d'une valeur de 10 milliards de dollars.

Pas la première bagarre juridique du genre

Les deux voisins de Seattle se sont disputés pendant près de deux ans un autre mégacontrat de cloud de 10 milliards, attribué par le ministère de la Défense américain à Microsoft en 2019, aux dépens d'Amazon.

Début juillet, le Pentagone l'a annulé et a annoncé qu'il engagerait plusieurs compagnies à la place, à commencer par les deux rivaux, qui dominent le marché mondial de l'informatique à distance.

Baptisé JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), ce contrat ne répondait plus aux besoins de l'autorité en raison notamment "de l'évolution des exigences" et "des avancées du secteur", a justifié le ministère dans un communiqué.

Il a été surtout retardé par la plainte déposée par Amazon, initialement considéré comme favori, peu après son attribution à Microsoft.

Amazon accusait notamment l'ex-président américain Donald Trump d'avoir piloté le choix du Pentagone en raison de son animosité envers Jeff Bezos, son fondateur. Il est aussi propriétaire du Washington Post, un quotidien qui a publié de nombreuses enquêtes sur l'ex-locataire de la Maison Blanche.