Tensions avec Huawei : les Etats-Unis relâchent en partie la pression, par peur d'avoir trop à perdre?

Le manque à gagner provoqué par le conflit commercial pour les entreprises américaines aurait poussé les autorités à modifier légèrement leur position.

La croisade américaine contre Huawei, sur fond de questions d'espionnage et de sécurité, l'a éclipsé du marché des smartphones, particulièrement en Occident.
La croisade américaine contre Huawei, sur fond de questions d'espionnage et de sécurité, l'a éclipsé du marché des smartphones, particulièrement en Occident. ©AFP

Les États-Unis auraient autorisé certaines entreprises américaines à vendre des composants et puces au géant chinois Huawei. Selon Reuters et le site China.org, les montants tourneraient autour de plusieurs centaines de millions de dollars.

Pour rappel, ces derniers, sous la présidence de Donald Trump, avaient boycotté le groupe chinois, interdisant toute relation commerciale avec les entreprises américaines.

Peut-on donc y voir un signe d’assouplissement entre la Chine et les États-Unis ? Pas vraiment. Selon Reuters, les États-Unis auraient lâché un peu de lest par intérêts économiques plus que par volonté d’apaisement. Les fabricants américains, qui se plaignent du manque à gagner, auraient poussé à ce que Huawei puisse à nouveau leur racheter des composants pour le secteur automobile, considéré comme moins sensible que le secteur télécoms et la technologie 5G et dans lequel le groupe chinois se développe de plus en plus.

Le Département du Commerce américain n’a pour sa part pas confirmé ou infirmé la nouvelle pour le moment.

Effets secondaires du lobbying

Une chose est sûre, la croisade américaine contre Huawei, sur fond de questions de sécurité et de soupçons d’espionnage, l’a éclipsé du marché des smartphones, particulièrement en Occident. La suspension de licence Android (Google), limitant drastiquement les services et mises à jour disponibles du géant américain, l’a contraint à développer son propre système d’exploitation pour mobile, sans obtenir un succès à la hauteur d’Android, qui équipe environ 85 % des smartphones dans le monde.

Au niveau de la mise en place du réseau 5G, Huawei a d’ailleurs perdu plusieurs marchés en Europe, en partie à cause du lobbying américain. Pourtant, l’équipementier chinois avait déjà la mainmise sur une grosse partie des infrastructures du réseau 4G, comme c’est le cas en Belgique par exemple.

La semaine dernière, le Brésil a à son tour annoncé un appel d’offres pour le déploiement de ce réseau… en excluant également le groupe chinois.

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