Acculée par la crise sanitaire, la start-up belge Bsit a entamé un nouveau chapitre de son développement

Frappée de plein fouet par la crise du Covid, l’application de baby-sitting revit depuis quelques mois. Et elle innove !

La start-up, qui avait compté jusqu’à 30 collaborateurs, a vu son effectif fondre d’un tiers à la suite de la crise sanitaire.

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Faut-il encore présenter Bsit ? Élue Start-up de l'année en 2019, la jeune pousse bruxelloise s'est imposée, dès son lancement quatre ans plus tôt, comme l'une des applications mobiles à succès sur le marché belge. Bsit a rapidement fait le bonheur de plusieurs milliers de parents et de baby-sitters, tout heureux de garder leurs jeunes enfants. La recette du succès ? Une application collaborative, où les membres (parents) partagent et recommandent des profils de baby-sitters, avec une grande simplicité d'utilisation (géolocalisation, réservation, paiement…). Bsit rassemblait déjà plus de 100 000 inscrits dès sa première année d'existence.

De start-up, Bsit est passée au stade de scale-up en étendant son activité aux Pays-Bas, au Luxembourg et en France. De 2016 à 2019, Bsit est parvenue à lever près de 6 millions d'euros auprès d'investisseurs belges et étrangers pour accompagner sa forte croissance et la diversification de ses services (prise en charge récurrente d'enfants après l'école, accompagnements en vacances, formules d'abonnement, etc.).

En mai 2020, alors que la crise du Covid sévissait depuis deux mois et que l'activité de baby-sitting était (quasi) à l'arrêt, Bsit décidait de lancer Parentalist, une plateforme d'inspiration pour les parents (stages, lectures, conseils…). "La philosophie de Bsit consiste à faciliter la vie des parents et nous avons commencé par le baby-sitting et les gardes d'enfants", expliquait, à l'époque, Dimitri De Boose, cofondateur et CEO, à Trends. Un mois plus tard, Bsit faisait même l'acquisition de la société française Karamel et de son service de réservation d'activités pour enfants.

Et puis, la crise sanitaire s’est installée… et a enrayé la marche en avant de la pépite bruxelloise. Le deuxième confinement, à l’automne dernier, a contraint Bsit de réduire la voilure en procédant à une douloureuse restructuration. La tâche incomba à François Jacquemart, chargé par les actionnaires de prendre la succession de Dimitri De Boose. Ingénieur commercial de 30 ans, M. Jacquemart connaissait parfaitement la société pour en avoir été le premier employé, en 2015, et y avoir occupé de multiples fonctions.

Des récompenses en cryptomonnaie

"On a vécu plusieurs mois très difficiles", confie le nouveau CEO de Bsit. Il a fallu arrêter Parentalist, procéder à plusieurs licenciements et mettre tous les autres collaborateurs en chômage économique partiel." La start-up, qui avait compté jusqu'à 30 collaborateurs, a vu son effectif fondre d'un tiers ! Le choc a été rude. Mais Bsit a résisté. Mieux : grâce au développement et au lancement, en avril, d'une nouvelle version de l'application, la société a repris du poil de la bête. "L'activité a fortement redémarré. On a retrouvé des croissances que l'on n'avait plus connues depuis 2019", se réjouit François Jacquemart. Bsit, qui rassemble près de 600 000 membres inscrits (parents et baby-sitters), a clairement ouvert un nouveau chapitre.

Dans l'immédiat, la priorité est de "reconsolider" le marché belge, indique M. Jacquemart, avant de repartir à la conquête d'autres marchés (France, Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne…). Bsit entend aussi élargir la gamme de ses services en utilisant les compétences de sa communauté de baby-sitters (aide aux devoirs, langues, cuisine, etc.). Ces nouveaux services feront leur apparition dans les semaines à venir.

Enfin, Bsit a profité de ce redémarrage pour lancer, au début de l'été, un programme innovant de fidélité pour les utilisateurs. Le dispositif, développé en partenariat avec Deloitte et la start-up flamande Venly (ex-Arkane Network), donne accès à un wallet numérique. Parents et baby-sitters peuvent y stocker des points de fidélité, sous la forme de tokens Bsit, qui équivalent à des avantages financiers au sein de l'écosystème Bsit.

Bsit en Bref :

Société : Bsit a été fondée en 2015 par Dimitri De Boose, Géraldine Biebuyck, Donatienne van Houtryve et James Cogels. Ils ont été rejoints par François Jacquemart (actuel CEO) et Maxime Cogels.

Investisseurs : Togetair, Sambrinvest, Connect Ventures, Kima Ventures, Tiny.vc et des business angels.

Site :https://bsit.com/

Particularité : Parmi les fondateurs de Bsit, trois personnes n’ont plus de fonction opérationnelle au sein de la société : Dimitri De Boose (“Head of Product” chez Urbantz). Géraldine Biebuyck et Donatienne van Houtryve.