"Notre spécificité chez Quimesis, c'est de concrétiser l'innovation d’une start-up, d’une PME ou même d’une grande entreprise"

La société wavrienne est devenue experte en ingénierie de produits technologiques. Une vraie pépite.

Trois des quatre fondateurs de Quimesis : Lionel Convent, Christophe Everarts et Cédric Eloy. Il ne manque que François Baudart.

Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

Invineo (distributeur de vin), Solarly (station solaire), Kaspard (détecteur de chute), Sunrise (diagnostic des troubles du sommeil), SuperZéro (distributeur de produits d'entretien), Bounce (tube repressuriseur de balles de tennis), Spentys (attelles orthopédiques imprimées en 3D), VOCSens (détecteur de gaz)… La liste de ces start-up, dont La Libre Eco a déjà eu l'occasion de vous parler, est loin d'être exhaustive. Ces jeunes pousses, actives dans des domaines très différents, ont en commun deux particularités. D'une part, elles ont développé des objets connectés intégrant à la fois du software et du hardware. D'autre part, toutes ont fait appel, à un moment ou un autre, à l'expertise de Quimesis.

Nichée dans un entrepôt de 400 m² du zoning nord de Wavre (avenue Zénobe Gramme, ce qui convient très bien à une société composée exclusivement d'ingénieurs), Quimesis fait figure de rareté en Wallonie. "Nous n'avons pas de concurrents qui intègrent les trois volets de notre expertise : programmation, mécanique et électronique. On en a même ajouté un quatrième à la demande de nos clients, qui est la certification des produits", expliquent Lionel Convent et Cédric Eloy, deux des quatre fondateurs de Quimesis.

L'histoire de Quimesis est assez atypique. Elle a démarré alors que les fondateurs faisaient leurs études (École polytechnique de l'UCLouvain et Ecam). "En 2009, on avait créé Platsivore, un club de robotique, à Louvain-la-Neuve. On a eu l'occasion de remporter l'Eurobot, qui est une compétition de robotique. On s'amusait beaucoup." Jusqu'au jour où le quatuor s'est mis en tête de fabriquer et de vendre des robots. Avec un premier projet dont on trouve encore le prototype dans l'atelier de Quimesis : un robot nettoyeur de vitres !

Rentable depuis le premier jour

Après avoir tâtonné, Quimesis voit le jour à l'été 2014. Atelier de robotique, bureau d'ingénieurs, start-up DeepTech ? "Notre spécificité", répondent Lionel Convent et Cédric Eloy, "est de concrétiser une idée ou un projet innovant d'une start-up, d'une PME ou même d'une grande entreprise. Ça peut aller depuis la conception d'un prototype jusqu'à l'industrialisation et la certification. Mais on n'accepte que des projets où on peut développer le software, l'électronique et la mécanique."

L'un des premiers clients fut Belrobotics, société wallonne qui, depuis près de vingt ans, fabrique des tondeuses à gazon automatiques. Belrobotics, devenue Yamabiko Europe, a fait appel à Quimesis pour le développement d'un robot capable de ramasser jusqu'à 18 000 balles de golf par jour sur les practices (terrains d'entraînement des golfeurs, NdlR) ! Depuis lors, grâce à un bouche-à-oreille très positif, Quimesis a connu une hausse constante de ses activités. "La demande est forte et on commence à être à l'étroit. On prévoit de déménager et on recrute régulièrement des ingénieurs. On était une dizaine il y a trois ou quatre ans ; aujourd'hui, on est 24 et on prévoit un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros cette année."

Quimesis a été rentable dès le début de ses activités, ce qui lui a permis de grandir sans devoir lever de fonds. Le business model repose très largement sur des contrats de services.

Ce qui surprend le plus, en pénétrant dans l'atelier, c'est l'incroyable diversité des projets. Quimesis est ainsi sur le point de livrer à Engie Laborelec un robot destiné à vérifier des installations d'éclairage. Parmi les projets en développement, on trouve, pêle-mêle, un container innovant pour des productions végétales, un tire-lait connecté, un Automated Guided Vehicle pour le secteur de la logistique ou, plus surprenant, une herse de carrière pour l'entretien des sols équestres ("le plus grand robot qu'on a développé à ce jour").

Quimesis en bref

Société : Quimesis a été fondée en 2014 par Lionel Convent, Christophe Everarts, Cédric Eloy et François Baudart.

Investisseurs : Fonds propres.

Site :https://quimesis.be

Particularité : Comme expliqué ci-dessus, Belrobotics a joué un rôle particulier dans l'histoire de Quimesis. Il y a deux ans, l'entreprise belgo-japonaise, située à 500 mètres, est entrée au capital de façon minoritaire et sans passer par une augmentation de capital.