Vivendi lance une OPA sur le groupe Lagardère, le titre décolle en Bourse

Actuellement actionnaire à hauteur de 27 %, Vivendi souhaite clôturer son offre publique d'acquisition (OPA) d'ici la fin de l'année.

Derrière Vivendi, le principal actionnaire est l'héritier du groupe, Arnaud Lagardère.
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La Libre Eco avec AFP

Le géant des médias Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, a annoncé mercredi qu'il comptait acquérir la participation de 18 % du fonds Amber Capital dans le groupe Lagardère, et son intention de déposer un projet d'OPA pour acquérir le solde du groupe propriétaire d'Hachette et Europe 1. Vivendi, qui détient déjà 27 % de Lagardère, se donne jusqu'au 15 décembre 2022 pour réaliser cette opération annoncée à un prix par action de 24,1 euros, soit environ 20 % de prime par rapport au cours actuel.

L'opération est soumise à l'autorisation de plusieurs autorités, dont le Conseil supérieur de l'audiovisuel et la Commission européenne, en raison des risques de concentration dans les secteurs de l'édition et des médias.

L'action Lagardère s'envolait de plus de 20 % jeudi à la Bourse de Paris. A 10H30 le titre décollait de 20,37 % à 23,46 euros, dans un marché en hausse de 0,75 %.

Ce bond valorise le groupe à environ 3,3 milliards d'euros et rapproche l'action du prix annoncé mercredi par Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, dans le cadre de l'offre publique d'achat (OPA), soit une prime de 24 % par rapport à la clôture ce jour-là. La prime est quasi-nulle par rapport au cours de fin août, souligne dans une note le cabinet d'analystes Oddo BHF, qui valorise le groupe à 22 euros par action.

Vivendi, aussi un poids lourd de l'édition, se donne jusqu'au 15 décembre 2022 pour réaliser cette opération sur Lagardère, propriétaire notamment d'Hachette, d'Europe 1 et des journaux le JDD et Paris Match. Les autres principaux actionnaires sont Arnaud Lagardère (14%), le PDG de LVMH Bernard Arnault (Financière Agache, avec 10 % à l'issue de la sortie de la holding Lagardère) et le fonds souverain du Qatar (14%).

"La question est de savoir quelle part du capital Vivendi obtiendra", selon les analystes d'Oddo BHF qui notent l'absence de visibilité sur la volonté des actionnaires actuels alors qu'une source proche de Vivendi a indiqué à l'AFP que l'opération n'était pas hostile et se faisait "en concertation" avec Arnaud Lagardère.

L'enjeu est de savoir si l'héritier Lagardère cèdera ses titres et les droits de vote qui vont avec ou si, au contraire, il en achètera pour obtenir une minorité de blocage. Dans cette second hypothèse, "le prix (de l'action) pourrait alors rapidement être nettement plus élevé que 24 euros", est-il ajouté dans la note. L'opération est soumise au feu vert de plusieurs autorités, dont le Conseil supérieur de l'audiovisuel et la Commission européenne, en raison des risques de concentration dans les secteurs de l'édition et des médias.

Sur le segment des médias, "le CSA devrait donner son accord", indiquent les analystes d'Oddo BHF."Concernant le marché de l'édition, Vivendi devrait faire d'importantes concessions. Il est probable qu'ils doivent envisager des cessions d'actifs tout particulièrement en France", ajoutent-ils dans leur note.

Aboutissement

Amber et Vivendi avaient passé un accord en août 2020, au coeur d'une bataille actionnariale chez Lagardère, qui comprenait un droit de première offre et de préemption réciproque. Le fonds a proposé à Vivendi d'acquérir sa participation, et le conseil de surveillance du géant des médias, propriétaire de Canal+, Havas et Editis, a accepté et conclu un "contrat de vente sous conditions".

"Cette cession marque l'aboutissement d'un long processus et d'une stratégie d'investissement dont les objectifs ont été atteints", a déclaré dans un communiqué distinct Olivier Fortesa, associé gérant d'Amber Capital, le fonds britannique qui avait initié la fronde contre la gouvernance de Lagardère.

"Nous avons toute confiance en la capacité de Vivendi, qui est l'un des plus grands acteurs industriels français, à poursuivre le développement du groupe dans tous ses métiers", a ajouté Joseph Oughourlian, fondateur d'Amber Capital.

Avec la part d'Amber, Vivendi se retrouverait propriétaire de 45 % du capital et 36 % des droits de vote de Lagardère, ce qui l'oblige à déposer une offre publique sur le solde des actions. Les autres principaux actionnaires sont Arnaud Lagardère, Bernard Arnault (Financière Agache) et le fonds souverain du Qatar.

"Par voie de conséquence, un projet d'offre publique au même prix visant toutes les actions Lagardère non encore détenues par Vivendi sera déposé à titre obligatoire auprès de l'Autorité des marchés financiers conformément à la réglementation applicable", explique Vivendi dans son communiqué.