L'application Uber sera suspendue temporairement à Bruxelles le 30 septembre : une première en Europe

Ce geste vise à soutenir les chauffeurs LVC qui exigent une réforme du secteur.

Cette suspension temporaire ira de paire avec une manifestation des chauffeurs LVC.
Cette suspension temporaire ira de paire avec une manifestation des chauffeurs LVC. ©Shutterstock
François Thys

Ce jeudi 30 septembre durant toute la matinée, il ne sera pas possible de commander de course via l'application Uber à Bruxelles. Cette suspension temporaire ira de paire avec une manifestation des chauffeurs LVC (location de véhicule avec chauffeur), qui exigent une réforme du secteur.

"Le 30 septembre, les chauffeurs LVC descendront dans les rues de Bruxelles pour demander au gouvernement de tenir sa promesse de réformer les réglementations obsolètes qui régissent le secteur taxi/LVC", précise le communiqué de l'entreprise. "À la demande des chauffeurs et par solidarité avec leur action, Uber fermera temporairement son application. Les utilisateurs ne pourront pas réserver de trajet entre 8h30 et 11h30. Toute personne voulant commander une course sur l'application Uber verra un message apparaître à l'écran, expliquant qu'aucune course ne sera disponible pendant la manifestation des chauffeurs."

Durant l'été 2021, le gouvernement bruxellois s'était engagé à proposer une réforme pour mieux encadrer l'activité, mais la promesse ne s'était finalement pas concrétisée. Ne voyant aucune évolution de la situation, les chauffeurs ont donc décidé de mener une action, soutenue par Uber. "Nous comprenons et partageons la frustration des chauffeurs face à l'absence de progrès sur cette réforme. Cela fait déjà sept ans que les chauffeurs LVC vivent dans l'incertitude. Nous suspendons ainsi l'application par solidarité avec les chauffeurs de Bruxelles", affirme Laurent Slits, responsable des opérations d'Uber en Belgique.

Il s'agira de la toute première suspension temporaire d'Uber en Europe.

"Aux yeux de la loi, nous n'existons pas"

Parmi les principales revendications, il y a notamment la volonté d'adapter une loi totalement dépassée et vieille de plus de 25 ans. "La législation actuelle date de 1995, avant l'apparition des smartphones. 85% des chauffeurs souhaitent que la législation soit modernisée et adaptée à la société numérique dans laquelle nous vivons actuellement", pointe encore Uber.

"Selon la loi, nous n'existons pas. Par conséquent, nous courons chaque jour le risque de recevoir une amende ou d'être étiquetés comme travailleurs non déclarés. Nous voulons enfin de la clarté », témoignent pour l'occasion Mehmet Öz et Nappoto Kone, tous deux chauffeurs LVC dans la région de Bruxelles-Capitale.

Les chauffeurs LVC revendiquent notamment "les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes privilèges" que les chauffeurs de taxi, la mise en place d'une tarification dynamique (évolutive selon les heures creuses et de pointe), ou encore la possibilité d'opter pour des véhicules hybrides ou électriques.

"Nous ne pouvons pas demander aux chauffeurs de continuer à vivre dans une telle incertitude, et le gouvernement doit s'atteler à la réforme. Nous avons fait nos devoirs, en travaillant avec les chauffeurs et les Bruxellois, et nous avons maintenant des propositions concrètes à mettre en œuvre", conclut Laurent Slits.

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