"7 centimes brut de l'heure... C'est une gifle": remous dans le secteur de la chimie, des grèves sont annoncées

Fédération et syndicats ne trouvent pas d'accord pour le secteur de la Chimie en Belgique. Des actions de grèves auront lieu et les travailleurs annoncent venir manifester lors de l'événement annuel d'essenscia, prévu mardi soir.

Essenscia et les syndicats FGTB, CSC et CGSLB s'opposent sur la défense des droits des travailleurs de la Chimie.
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"Sept centimes brut de l'heure... Cela fait 8 euros par mois. Autant dire que ça n'aide pas les travailleurs", commente Andrea Della Vecchia, secrétaire fédéral FGTB pour le secteur de la Chimie, alors que les négociations sectorielles étaient en cours ces derniers jours. Vendredi, "la fédération patronale de la chimie essenscia a abruptement mis fin aux échanges entre interlocuteurs sociaux", dénoncent en front commun les syndicalistes de la CSC, la FGTB et la CGSLB.

"On travaille 24h/24 sur ces négociations. On a un secteur qui a été actif pendant toute la période Covid. Les travailleurs ont permis au secteur de rester rentable, même s'il y a eu une diminution globale légère du chiffre d'affaires, ce qui est inévitable étant donné la crise. Pourtant, ils refusent encore de valoriser les travailleurs. Certains secteurs envisagent des primes, ici, rien. Ils sont partis vendredi et il n'y a plus de négociations. Ils n'ont pas eu la lucidité de prendre un peu de hauteur", dénonce encore le syndicaliste. "On est soutenu par notre base. 7 centimes de l'heure... c'est une gifle pour les travailleurs", lance-t-il également, avant de confirmer que les travailleurs ont donc déposé un préavis de grève.

Plusieurs actions à venir

La première action commencera d'ailleurs mardi soir, alors qu'essenscia organise son événement annuel à Bruxelles. "D'autres actions auront lieu dans les prochains jours. La mobilisation est en cours et passera par différents moyens", ajoute le syndicaliste.

"La valorisation et le respect des travailleurs n’apparaissent pas importants aux yeux des représentants patronaux. Conséquences ? La paix sociale n’est plus garantie dans le secteur. Des actions verront le jour dans les entreprises chimiques du pays. Ces mouvements impacteront les productions et le fonctionnement des sociétés du secteur", précisent également les différents syndicats, qui représenteraient les intérêts d'environ 130.000 travailleurs actifs dans le secteur.

"On a répondu à la norme des 0,4%", avance essenscia

Du côté d'essenscia, on nous dit avoir pu avancer sur près d'une vingtaine de points, dont la hausse salariale, la formation, le télétravail, etc. Pour la fédération, ils remplissent la condition des 0,4% de hausse de salaire fixé dernièrement dans l'accord interprofessionnel. "Le chiffre d'affaires général a diminué de 6% environ", avance Koen Laenens, le directeur des affaires sociales de la fédération. "On s'est basé sur un salaire de 17 euros de l'heure. Ceux qui gagnent moins auront donc une augmentation supérieure", ajoute-t-il, en parlant des plus bas salaires. "On propose également de passer de 4 à 5 jours de formation pour les travailleurs, soit un jour supplémentaire par an. Il y a aussi la proposition d'harmoniser les primes pour ouvriers et employés. On a répondu à la norme des 0,4% mais ils veulent un forfait", regrette Koen Laenens.

Pour Andrea Della Vecchia, certaines mesures annoncées par la direction sont insuffisantes, voire relèvent de la "littérature". "On refuse depuis toujours ces 0,4% clairement insuffisants", glisse-t-il. De plus, il insiste sur le fait que la fédération laisse le soin aux grosses entreprises et à leurs travailleurs de négocier, par la suite, une réelle revalorisation. "C'est ce qu'il se passe dans les entreprises assez importantes, avec des délégations syndicales. Des entreprises où il y a des négociations, où il y a une rétroactivité pour certaines mesures, où il y a des avancées. Mais le secteur est composé de beaucoup de PME. Et sans solidarité avec tous ces travailleurs, sans avancées avec un accord sectoriel respectueux, ça n'ira pas. Ils font un mauvais calcul", avance encore le représentant syndical.

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