Ce magasin de jouets anversois remplit ses colis de cailloux... pour éviter de payer un supplément à bpost

Un magasin de jouets de la province d'Anvers a décidé de lester ses colis avec des cailloux. A cause du poids trop faible des produits qu'il envoie par la poste, il était en effet contraint de payer un supplément à bpost.

Ce magasin de jouets anversois remplit ses colis de cailloux... pour éviter de payer un supplément à bpost
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François Thys

Une nouvelle anecdote va pouvoir être inscrite dans le livre déjà bien rempli du surréalisme à la Belge. L'histoire se déroule à Sint-Antonius (Anvers), dans le magasin de jouets Speelgoed Kiki. Depuis une quinzaine de jours, la gérante Pascale Schupp alourdit les colis qu'elle envoie par la poste avec des cailloux. L'objectif ? Eviter de payer un supplément imposé par bpost.

A l'origine de cette décision, il y a deux éléments.

D'un côté, chez Speelgoed Kiki, Pascale et son fils Roeland Ruelens vendent des peluches, des puzzles et autres jeux qui, s'ils sont parfois volumineux, ne pèsent pas bien lourd. Ils sont donc contraints de les emballer dans des boites de grand volume.

D'un autre côté, il y a la décision de bpost d'appliquer, depuis 2019, un "supplément densité". "Si un colis présente un rapport taille/poids trop important, vous devrez peut-être envisager d'emballer votre produit différemment pour éviter ce type de surcharge. La densité de l'emballage correspond au rapport entre le poids d'un colis et l'espace qu'il occupe", précise le site web Support Sendcloud. Le seuil limite est fixé à 120kg/m³, et un supplément de 0,0034 euro par kilo en-dessous de cette limite est alors facturé.

Une mesure contre-productive

Réunissez ces deux informations, et la manœuvre de Speelgoed Kiki devient alors limpide. Le magasin paie environ 25 centimes de pénalité pour chaque colis envoyé. "J'ai été stupéfait de la réponse de bpost", confie ainsi Roeland à nos confrères de De Morgen. Après avoir pris contact avec bpost, l'entreprise a expliqué "qu'ils devaient alourdir (et donc parfois agrandir) leurs colis".

Pour éviter ce supplément, des cailloux sont donc ajoutés pour combler l'espace. "Pour une peluche relativement grande, nous devons par exemple ajouter un kilogramme de cailloux. Je les ramasse moi-même quand je vais me promener", ajoute-t-il. Pour "rentabiliser" cet ajout, les pierres sont peintes et des explications sur la méthode utilisée sont ajoutées pour que les enfants puissent les reproduire à leur tour.

"La mesure loupe-t-elle complètement son objectif ?", s'interroge Roeland, pointant finalement une règle contre-productive. "Nos colis sont plus grands et plus lourds, et donc moins bons pour l'environnement. [...] Dans notre magasin et sur notre site web, nous mettons l'accent sur la durabilité. Notre gamme de produits est écologique et nous réutilisons les emballages pour nos colis. La mesure de bpost va totalement à l'encontre de nos valeurs environnementales."

"L'une des rares exceptions"

Chez bpost, on tient à remettre la mise en place de cette mesure dans son contexte. "Ce supplément a été instauré en 2019 car nous avions affaire à des entreprises qui utilisaient systématiquement de grands emballages pour des petits colis", raconte Veerle Van Mierlo, porte-parole de bpost. Cette pénalité-densité visait donc "à sensibiliser les entreprises". Si elle comprend la gêne occasionnée pour le magasin de jouets, madame Van Mierlo insiste sur le fait qu'il s'agit "de l'une des rares exceptions où le supplément densité ne fournit aucun avantage".

En 2021, PostNL a décidé d'abroger son système de pénalité en cas de densité trop faible des colis. Pascale Schupp espère désormais que bpost fera de même.