Lufthansa réalise son premier bénéfice opérationnel depuis le début de la pandémie

La compagnie a vu son chiffre d'affaires presque doubler sur un an.

Lufthansa réalise son premier bénéfice opérationnel depuis le début de la pandémie
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La Libre Eco avec AFP

Le premier groupe européen du transport aérien Lufthansa a réalisé au troisième trimestre son premier bénéfice opérationnel depuis le début de la pandémie, profitant d'une nette reprise du trafic aérien et du bond de la demande côté fret.

La compagnie a vu son chiffre d'affaires presque doubler sur un an et a réalisé un maigre bénéfice d'exploitation (EBIT) ajusté de 17 millions d'euros entre juillet et septembre, comparé à une perte de 1,3 milliard sur cette même période en 2020.

En net, le groupe, qui compte aussi Austrian Airlines, Swiss et Brussels Airlines, affiche toujours une perte: -72 millions d'euros, selon un communiqué mercredi.

Avec le retour dans le vert "nous avons atteint une étape importante de notre chemin de sortie de crise", s'est félicité le patron, Carsten Spohr.

Eurowings a réalisé 108 millions d'euros de bénéfices et les quatre compagnies nationales du groupe ont réduit leur pertes à -450 millions d'euros. Mais la branche Cargo sort gagnante des perturbations dans les chaines d'approvisionnement mondiales, avec un bénéfice d'exploitation "record" de 301 millions.

"La demande pour des capacités est restée à un niveau record et l'activité profite des goulots d'étranglement dans le fret maritime", et ce avant la période de fin d'année très chargée pour les transporteurs. Cette situation favorable pour le transport aérien devrait "durer jusqu'en 2022 et au delà", a ajouté M. Spohr.

Pour l'année entière, le résultat d'exploitation du groupe restera négatif. Mais Lufthansa prévoit de "diviser par deux" la perte annuelle comparée au record de 5,5 milliards en 2020, quand le Covid-19 a entrainé l'arrêt quasi-total des liaisons aériennes.

Réouverture américaine

Désormais, les réservations "progressent nettement" et atteignent 80 % du niveau d'avant-crise, après "une forte hausse de la demande" déjà cet été, selon un communiqué du groupe, qui a récemment remboursé la majeure partie des aides publiques obtenues l'année passée pour assurer sa survie.

Le nombre de passagers s'est établi le trimestre dernier à 46 % de son niveau d'avant-crise. Tiré par la saison estivale, les capacités -- représentant le nombre de sièges ouverts à la réservation en fonction de la demande attendue -- ont atteint 50 % comparé à la normale précédant la pandémie.

Cet indicateur phare doit progresser à 60 % au quatrième trimestre et atteindre 40 % sur l'ensemble de l'année 2021 avant de monter à 70 % pour 2022.

Lufthansa compte aussi profiter de la réouverture des frontières américaines, qui permet le retour en force de sa plus importante liaison long-courrier: Pour le 8 novembre, première journée où les Etats-Unis permettent l'arrivée de voyageurs vaccinés, "chaque siège est rempli", a expliqué M. Spohr.

L'été a duré plus longtemps qu'habituellement pour l'aérien mais "pile quand les voyages de l'été se réduiraient pour de bon, les Etats-Unis rouvrent" et les réservations ont triplé voire quadruplé sur certaines liaisons, a remarqué M. Spohr. Lufthansa va proposer dans un premier temps 200 vols hebdomadaires.

Sur le plan social, la compagnie a supprimé plus de 30.000 postes dans le monde, sur 140.000 dans le cadre d'une vaste restructuration visant à économiser 3,5 milliards d'euros par an dès 2024. 2,5 milliards sont déjà réalisés et 3.000 emplois restent à couper en Allemagne, précise l'entreprise.

Un nouveau programme de départs volontaires a été lancé le 1er novembre pour le personnel de cabine. La restructuration a coûté 520 millions d'euros sur les neufs premiers mois de l'année.

A la Bourse de Francfort, les résultats ont été bien accueillis, alors que les analystes s'attendaient à une perte: l'action montait de 5,85 % à 6,24 euros vers 11H00 GMT.

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