Greenomy, la "RegTech" bruxelloise qui veut accélérer l’essor de la finance durable

Fondée en novembre 2020, la jeune pousse Greenomy enchaîne les récompenses et commence à attirer de (gros) clients.

Une partie de l'équipe de Greenomy, dont Alexander Stevens (debout à droite).
Une partie de l'équipe de Greenomy, dont Alexander Stevens (debout à droite). ©D.R.

La start-up de la semaine

Greenomy n'a pas un an d'existence. Cette start-up, basée à Bruxelles, collectionne pourtant déjà les récompenses. La dernière en date, "la plus prestigieuse" (aux dires d'Alexander Stevens, fondateur et CEO), a été obtenue fin octobre lors du G20 TechSprint, un concours sur la "finance verte" organisé par la Banque d'Italie et la Banque des Règlements Internationaux. "Grâce à ce prix, nous représenterons l'Europe, la semaine prochaine, au Global FinTech Hackcelerator organisé à Singapour".

Ce prix s'ajoute à plusieurs autres récompenses glanées depuis l'automne 2020 (Paris Europlace, Sommet européen de la Finance au Luxembourg, accélérateur Fuse à Londres, etc.). "Ce sont des prix qui ont apporté, très rapidement, de la visibilité et de la crédibilité à la solution que nous proposons aux entreprises, aux fonds d'investissement et aux banques. Depuis septembre, l'activité de Greenomy a décollé. Toute une série d'acteurs, directement concernés par les nouvelles normes de l'Union européenne en matière de finance durable, ont pris contact avec nous", se réjouit Alexander Stevens, entrepreneur de 32 ans qui a été avocat au barreau de New York et de Londres. Il a aussi travaillé deux ans à la Commission européenne. Depuis mars, il se consacre entièrement à Greenomy.

Jusqu'à un an de travail économisé!

Le projet plonge ses racines dans le "Green Deal" européen, à savoir le pacte lancé par la Commission européenne fin 2019 afin de rendre l’Union européenne (UE) neutre en termes d’émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Cette ambition passe, entre autres actions, par des investissements plus durables. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’on qualifie d’investissement durable… Des experts ont donc élaboré une "taxonomie verte" alignée sur les critères "ESG" (environnement, social et gouvernance), lesquels sont notamment utilisés par les entreprises pour établir des rapports sur la soutenabilité de leurs activités et investissements.

Cette taxonomie est non seulement complexe, mais aussi très volumineuse. "Il s'agit de milliers de pages de législation et de critères techniques, indique Alexander Stevens, ce qui rend le processus peu accessible et laborieux. On a donc développé une plateforme "SaaS" ("Software-as-a-Service", NdlR) pour aider les entreprises et les institutions financières à se mettre au vert conformément aux nouvelles normes de l'UE en matière de finance durable. Les projets pilotes que nous avons menés jusqu'ici ont montré que Greenomy permettait d'économiser un an de travail".

Dès 2022, les sociétés cotées, domiciliées au sein de l’UE et employant plus de 500 personnes, ainsi que les institutions financières (banques, assurances, fonds,…) devront se conformer à la "taxonomie verte". Il y a donc urgence. Pour les PME, l’échéance a été fixée à 2026.

Une deuxième levée de fonds prévue avant fin 2021

Greenomy a déjà suscité l'intérêt de gros acteurs européens, dont la BPI en France, ABN Amro et HSBC (projets pilotes), Deloitte (ce qui va lui permettre de proposer sa solution à plusieurs milliers de clients), Manaos (plateforme ESG de BNP Paribas),… "Grâce à la traduction de la plateforme dans toutes les langues utilisées au sein de l'UE, mais aussi à la forte augmentation de la finance durable, on commence à avoir des clients un peu partout en Europe".

Début 2021, Greenomy avait bouclé une première levée de fonds de 815 000 euros avec finance&invest brussels (ex-SRIB) et plusieurs business angels. Un "seed round" de "plusieurs millions d'euros" est en cours de négociation et devrait être finalisé avant la fin de l'année. Ces moyens serviront à faire grandir l'équipe. Au départ de trois personnes, la "RegTech" (technologies au service de la réglementation financière) bruxelloise est passée à une vingtaine de collaborateurs actuellement et prévoit de passer à 50 dans les six mois à venir.

En bref

Société: Greenomy a été créée en novembre 2020 par Alexander Stevens. Depuis lors, il a été rejoint par plusieurs associés.

Investisseurs: Finance&Invest Brussels et business angels (belges, français et luxembourgeois).

Site: https://greenomy.io/

Particularité: installée chez BeCentral, à Bruxelles, Greenomy a fait appel aux services du start-up studio Make it (Libre Eco du 25/9). Sanawar Syed, CEO de Make it, occupe actuellement la fonction de CTO (Chief Technology Officier) de Greenomy.