Entrepreneurs en transition #12 : La loi de la traction

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l’Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l’UCLouvain et à l’UNamur.

Entrepreneurs en transition #12 : La loi de la traction
©D.R.
Roald Sieberath

Libre Eco week-end |

La "loi de l'attraction" avait été popularisée par le film The Secret. Je n'ai guère d'avis tranché sur la question, si ce n'est ramener à cette sagesse bouddhiste : "Ce à quoi vous portez votre attention, grandit" (bon, c'est peut-être de Deepak Chopra, finalement, ce qui n'enlève rien).

Mais il existe une autre loi dans le monde des entrepreneurs et des investisseurs, à laquelle je prête attention, et qui s’exerce aussi bien sur les projets durables que sur les autres : la loi de la traction.

"Traction" est le terme employé dans le milieu pour désigner l’adoption d’une offre de service ou produit par son public, par le marché.

Cela ne pose aucun jugement sur la finalité du produit, qui peut être bon ou mauvais sur la planète.

Mais ça pose une question sur la viabilité de l’entreprise : une offre qui ne montre pas de traction, après plusieurs mois, va amener la start-up dans une impasse.

Il s'agit d'ailleurs de la voir comme un élément de mesure, qui permet d'ajuster l'offre ; c'est toute l'essence de la démarche lean start-up et de la recherche du fameux product-market-fit, qui est le rôle numéro 1 d'un entrepreneur au démarrage.

Mais certains entrepreneurs sont tellement "amoureux" de leur projet, de leur vision, de leur idée, qu’ils en deviennent aveugles à cette notion de traction.

Si le marché n'en veut pas, rationalisent-ils, c'est parce qu'il manque encore telle feature à leur produit, ou que la start-up manque de vendeur, ou (ultimement) parce que le marché est c*n, ne comprend pas à quel point cette solution est géniale.

Il peut y avoir là une forme de déni, parfois même amplifiée dans les projets en transition par la certitude que l’on va sauver la planète.

Il s’agit de ne pas voir ce manque de traction comme une négation par le marché, mais comme une invitation à ajuster : le produit, le message, les canaux, tous ces éléments, qui une fois orchestrés, pourront mener à cette fameuse traction.