Uber interdit à Bruxelles: "Nous allons tout bloquer", annoncent, furieux, les chauffeurs

Interdire Uber : la décision prise par la justice bruxelloise pourrait être lourde de conséquences. Les réactions ne se sont en tout cas pas fait attendre, tant du côté des chauffeurs que du monde politique.

La Cour d’appel de Bruxelles a rendu un arrêt qui pourrait mettre fin à l’existence du géant de la mobilité Uber à Bruxelles. Selon la justice bruxelloise, l’injonction de cesser d’opérer émise en 2015 à l’encontre d’UberPop (qui permettait à des particuliers de fournir des services de transport de passagers) s’applique également aux services de mobilité fournis par des conducteurs professionnels du type LVC (service de location de voitures avec chauffeurs).

Concrètement, cela signifie qu’à partir de ce vendredi 26 novembre, 18h, Uber ne pourra plus faire appel à 95 % de “ses” chauffeurs ayant une licence bruxelloise. Seuls les 5 % restants, sous licence flamande, auront le droit de travailler via la plateforme. Autant écrire que l’application ne sera plus opérationnelle.

“Une réglementation obsolète”

Chez Uber, on parte d'un jugement "dramatique". "Cette décision a été prise sur la base d'une réglementation obsolète, rédigée à une époque antérieure aux smartphones, que le gouvernement a promis et échoué de réformer au cours des sept dernières années, déplore Laurent Slits, qui dirige les opérations d'Uber en Belgique . Nous sommes profondément préoccupés pour les 2 000 chauffeurs bruxellois LVC qui vont perdre leur capacité à générer des revenus à partir de vendredi. Nous demandons instamment au Gouvernement bruxellois d'agir rapidement pour réformer une fois pour toute le secteur des taxis et des LVC ".

"Nous allons tout bloquer"

Furieux les chauffeurs "Uber" ont déjà annoncé des actions ces prochains jours. "Nous allons bloquer tout Bruxelles, dès demain et au finish, jusqu'à ce que M. Vervoort et sa clique (sic) décident enfin d'une solution pour les chauffeurs LVC" , explique Fernando Redondo, président de l'Association Belge des Chauffeurs de Limousine (ABCL). Le représentant des chauffeurs se dit " choqué" par cette décision et l'attitude du ministre-président bruxellois, en charge du dossier.

Le CDH exige aussi une réaction "immédiate" de Rudi Vervoort (PS). "La stratégie du ministre-président est extrêmement cynique , s'insurge le député humaniste Christophe De Beukelaer. Il a attendu cette décision de justice pour que les chauffeurs LVC aient le couteau sous la gorge et soient ainsi obligés d'accepter toutes les conditions du gouvernement. C'est honteux comme approche ! "

Contacté, le cabinet du ministre-président dit vouloir analyser la décision de justice avant de la commenter.


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