Le CEO d'Orange condamné à un an de prison, un conseil d'administration va trancher sur son avenir dans l'opérateur

La condamnation concerne des faits datant de l'époque où Richard était encore le chef de cabinet de la ministre française de l'économie de l'époque, Christine Lagarde.

Le CEO d'Orange condamné à un an de prison, un conseil d'administration va trancher sur son avenir dans l'opérateur
©Belga Image
La Libre Eco avec Belga

Stéphane Richard, CEO du groupe français Orange, société mère d'Orange Belgique, a été condamné ce mercredi à Paris par la Cour d'appel à un an de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour son rôle dans une affaire de 2008 impliquant Bernard Tapie. Il avait été acquitté en première instance. La condamnation concerne des faits datant de l'époque où Richard était encore le chef de cabinet de la ministre française de l'économie de l'époque, Christine Lagarde (aujourd'hui présidente de la Banque centrale européenne).

Richard a été reconnu coupable d'avoir aidé l'homme d'affaires Bernard Tapie, décédé le mois dernier, à frauder. Selon la cour, Richard a représenté les intérêts de Tapie au détriment du gouvernement.

L'affaire a commencé par la vente de la participation de Bernard Tapie dans la marque de sport Adidas en 1993. L'homme d'affaires estimait que la banque publique Crédit Lyonnais l'avait trompé, ce qui a donné lieu à un long conflit. En 2007, Mme Lagarde a accepté une procédure d'arbitrage. Un an plus tard, cela a permis à Tapie d'obtenir une compensation de 403 millions d'euros du Trésor public. L'État n'a pas fait appel.

Orange n'a pas encore répondu à la condamnation

Mme Lagarde avait déjà été reconnue coupable de négligence, mais n'avait pas été sanctionnée.

La condamnation fait tache dans la carrière de Stéphane Richard, 60 ans. Son mandat de PDG d'Orange court encore jusqu'en mai. Il a déjà indiqué qu'il souhaitait rester président de l'entreprise de télécommunications après cette date.

Président mais plus directeur général ?

Un conseil d'administration est prévu en fin de journée à 18h00 pour trancher sur l'avenir du PDG d'Orange.

Le PDG d'Orange, dont le mandat à la tête de l'opérateur arrive à son terme mi-2022, a formulé le "souhait personnel" de rester président du groupe après cette date, en dissociant la fonction de directeur général. En 2018, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait toutefois prévenu qu'en cas de condamnation, Stéphane Richard devrait remettre son mandat, alors que le géant français des télécoms a pour premier actionnaire l'État avec plus de 20 % du capital.

"Je remets mon mandat entre les mains du conseil d'administration d'Orange", a de son côté indiqué M. Richard dans une déclaration transmise à l'AFP.

Sur le même sujet