La biotech carolo Bone Therapeutics s'envole en bourse grâce au partenariat "mondial" avec la firme chinoise Link Health

Ce partenariat permet à la biotech de Gosselies (Charleroi) de commercialiser son traitement Allob à travers le monde. L'action s'est envolée de près de 30% peu de temps après l'ouverture de la bourse.

La biotech wallonne Bone Therapeutics et la firme chinoise Link Health devraient s'associer d'ici fin 2021 pour la commercialisation du traitement Allob.
La biotech wallonne Bone Therapeutics et la firme chinoise Link Health devraient s'associer d'ici fin 2021 pour la commercialisation du traitement Allob. ©Shutterstock

La biotech Bone Therapeutics, basée à Gosselies (Wallonie) trouve un accord avec le groupe chinois Link Health pour commercialiser son traitement Allob à travers le monde. L'accord se veut non-contractuel mais Link Health recevra donc les droits mondiaux, y compris l'Europe donc, pour le développement, la fabrication et la commercialisation du traitement de thérapie osseuse allogénique. Un produit sur lequel compte beaucoup la biotech wallonne, qui a essuyé quelques échecs sur ses autres traitements en phase d'essais ces dernières années. L'annonce a d'ailleurs fait monter le cours de l'action de près de 30% à l'ouverture de la Bourse ce lundi matin.

Grâce aux royalties et aux paiements d'étapes (milestones), "cela permettra d'avoir un retour financier important nous permettant le développement d'Allob et de la plateforme de thérapie cellulaire (CSMI)" qui y est liée, nous indique le CEO Miguel Forte, qui se félicite de ce partenariat, alors que les deux groupes s'étaient déjà rapprochés fin 2020 pour l'accès au marché chinois. "Nous avons donc les moyens financiers et l'Allob est à mi-chemin pour le marché. Ce qui permet également de donner confiance aux investisseurs, alors que certains doutaient de nos capacités financières", glisse encore le dirigeant. Reste donc à mettre en place l'accord définitif.

"Bone Therapeutics sera éligible dès la conclusion de l'accord final au remboursement de ses coûts de R&D, ainsi qu'à des paiements d'étapes commerciales pouvant atteindre jusqu'à 60 millions d'euros au total et à des redevances échelonnées sur les ventes nettes pouvant atteindre jusqu'à 25% du montant. Les deux parties débuteront prochainement la rédaction d'un accord de licence contractuel", précise la biotech.

Si tout se déroule sans accrocs, l'accord final devrait être conclu d'ici fin 2021.

"Ce nouveau partenariat est distinct et indépendant de l'accord de licence signé le 5 octobre 2020 portant sur les droits de développement, de fabrication et de commercialisation d'Allob en Chine pour Pregene et à Hong-Kong, Macau, Singapour, Taïwan, en Thaïlande et en Corée du Sud pour Link Health", ajoute également la firme.

Contre des pathologies potentiellement mortelles

"La collaboration entre Bone Therapeutics, Link Health et Pregene pour le développement d'ALLOB en Asie progresse rapidement et est en ligne avec le calendrier initial. L'extension de la collaboration de Bone Therapeutics avec Link Health favorisera grandement le développement et la disponibilité potentielle d'Allob dans le monde, au bénéfice des patients présentant un fort besoin médical dans des conditions orthopédiques", a commenté le dirigeant, Miguel Forte. " Nous appliquerons désormais notre vaste expertise en thérapie cellulaire au développement de produits de thérapie génique et cellulaire présentant de fortes propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices, pour le traitement de pathologies aiguës potentiellement mortelles", ajoute Bone Therapeutics.

"Nous sommes fermement convaincus que les preuves cliniques déjà fournies par Bone Therapeutics soutiennent la valeur clinique potentielle de ce produit pour les patients dans de nombreuses indications, dont la fusion vertébrale et les fractures difficiles. Notre collaboration étendue avec Bone Therapeutics soutiendra plus avant le développement international d'Allob et constituera une nouvelle avancée dans notre marche vers le développement de nouvelles solutions disruptives pour les pathologies et pour répondre aux besoins médicaux des patients du monde entier souffrant de conditions orthopédiques", a pour sa part commenté Yan Song, CEO de Link Health.

Quid d'Hybrigenics ?

Récemment, le groupe français Hybrigenics avait fait part de ses volontés de rapprochement avec Bone Therapeutics. Si Miguel Forte ne ferme pas la porte à de possibles évolutions pour d'éventuelles fusions ou acquisitions, il a laissé entendre ne pas être favorable à un tel rapprochement. "L'objectif est de viabiliser la société au maximum, trouver des partenaires qui ont déjà un apport technologique important. On tient compte de toutes les situations possibles", lâche-t-il prudemment.