Licenciement collectif chez D'Ieteren : "Notre plus grand regret reste le manque d’anticipation de la part de la direction", déplore la CNE

Les divisions de l'entreprise à Ixelles (D'Ieteren Center Mail) et Drogenbos (carrosserie Wondercar) fermeront leurs portes le 31 décembre prochain. 98 travailleurs sont concernés.

Licenciement collectif chez D'Ieteren : "Notre plus grand regret reste le manque d’anticipation de la part de la direction", déplore la CNE
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Charlotte de Condé avec Belga

A la suite d'un conseil d'entreprise, les employés de D'Ieteren ont appris ce mercredi, via un document interne que La Libre a pu consulter, la confirmation de la fermeture des divisions de l'entreprise à Ixelles (D'Ieteren Center Mail) et Drogenbos (carrosserie Wondercar, Brabant flamand). L'entreprise avait déjà évoqué en septembre dernier l'intention de fermer ces sites pour des "motifs économiques et techniques".

Une décision "inévitable" accompagnée d'un licenciement collectif. Au total, 98 emplois sont concernés (56 ouvriers et 42 employés). Quelque 280 personnes sont encore employées dans les autres D'ieteren Centers du groupe à Zaventem et Anderlecht. Ces centres assurent l'ensemble des services de vente et d'après-vente des marques Volkswagen, Audi, Skoda, Seat, Bentley, Lamborghini, et des filiales My Way et Wondercar.

Les licenciements auront lieu du 31 décembre 2021 au 31 janvier 2022.

Un accord social conclu

"Nous sommes parvenus à un accord, mais nous ne pouvons que déplorer le départ de cette centaine de travailleurs au sein d'une entreprise aussi prospère", a commenté Corinne Martin, secrétaire permanente CNE.

Les deux sites n'étaient plus rentables, selon la direction. Celle-ci avait entamé en juin des négociations avec la délégation syndicale afin d'aligner partiellement les conditions d'emploi à celles du marché, pour amener l'activité des D'Ieteren Centers à la rentabilité et préserver au maximum l'emploi. "Au terme de quatre mois de discussions et d'un référendum tenu le 22 septembre dernier rejetant la proposition de la direction, celle-ci doit envisager de fermer ses deux sites structurellement déficitaires", expliquait à l'époque la direction.

"Notre plus grand regret reste le manque d'anticipation de la part de la direction", poursuit Corinne Martin. "On devine que le plan d'avenir de l'entreprise D'Ieteren était prévu depuis longtemps. C'est donc dommage de ne pas avoir cherché des alternatives socialement acceptables pour les travailleurs, notamment au niveau de leur reconversion."

En 2020, un autre plan de transformation de D'Ieteren Auto avait provoqué le départ de 123 travailleurs actifs chez D'Ieteren, D'Ieteren Sport et Volkswagen D'Ieteren Finance. "L'accord social d'aujourd'hui a été conclu dans le prolongement du plan social précédent, mis en place lors du dernier licenciement collectif. Il permet de limiter les conséquences négatives pour les travailleurs mais c'est loin d'être une victoire syndicale", conclut la secrétaire permanente du syndicat chrétien.