Dassault "s'envole" en Bourse après la vente record de 80 Rafale aux Emirats arabes unis

Après des négociations sans succès ces dernières années, Dassault enchaîne les contrats et tire son épingle du jeu, profitant peut-être des déboires du F-35 américain.

Antonin Marsac, avec AFP
Le Rafale, de Dassault, avion de combat "omnirôle", concurrent (4e génération) du F-35 de Lockheed Martin (5e génération)
Le Rafale, de Dassault, avion de combat "omnirôle", concurrent (4e génération) du F-35 de Lockheed Martin (5e génération) ©AFP

Dassault Aviation s'envole en Bourse ce vendredi et prend près de 10% peu de temps après l'ouverture de la Bourse. La raison ? Emmanuel Macron, en visite dans les pays du Golfe, a signé un contrat avec le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, dit MBZ, au lendemain des 50 ans d'anniversaire de la création des Emirats.

Le contrat a été qualifié d'historique par Florence Parly, ministre des Armées, alors que Nicolas Sarkozy avait entamé des négociations avec les Émirats il y a tout juste dix ans, en vain.

17 milliards d'euros

Au total, cette commande, avec l'achat de 12 hélicoptères Caracal et les éléments associés, représentent un montant de plus de 17 milliards d'euros, selon l'Elysée. De quoi mettre du beurre dans les épinards en cette période difficile pour l'Etat français. Même si, rappelons-le, le principal bénéficiaire est le groupe privé.

"Il s'agit d'un aboutissement majeur du partenariat stratégique entre les deux pays", s'est félicitée la présidence française, en soulignant l'importance de la présence de trois bases françaises aux Emirats.

Cette vente "est un succès français", a déclaré le directeur-général de Dassault Aviation, Eric Trappier, qui a signé l'accord avec Tarek Abdul Raheem Al Hosani, PDG de Tawazun Economic Council, chargé des acquisitions de sécurité et de défense.

L'accord a été signé alors qu'Emmanuel Macron et le chef de l'Etat et le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, dit MBZ, s'entretenaient au pavillon d'honneur de l'Exposition universelle, au premier jour d'une tournée du président français dans trois pays du Golfe.

Le CEO de Dassault Eric Trappier et un membre officiel du gouvernement d'Abu Dhabi.
Le CEO de Dassault Eric Trappier et un membre officiel du gouvernement d'Abu Dhabi. ©AFP

Gros client... et "partenariats douteux" ?

Les Emirats sont actuellement le cinquième client le plus important de l'industrie de défense française sur la décennie 2011-2020, avec 4,7 milliards d'euros de prises de commandes, selon le rapport au Parlement sur les exportations d'armement de la France.

Notons également que ces dernières années, Paris a été critiqué parce que certaines de ces armes avaient été utilisées dans le conflit au Yémen, où l'Arabie saoudite et ses alliés sont soupçonnés de crimes de guerre par des ONG comme Amnesty International.

A Dubaï, Emmanuel Macron est accompagné d'une large délégation de ministres, dont Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Bruno Le Maire (Economie) et Florence Parly (Armées), ainsi que de dirigeants d'entreprises, comme Total, qui ont signé une série d'accords.

Le puissant fonds souverain émirati Mubadala a annoncé des engagements de huit milliards d'euros, dont six avec le ministère de l'Economie, pour accroître nettement son enveloppe d'investissements dans des entreprises françaises.

Par ailleurs, l'accord de licence du Louvre Abou Dhabi a été prolongé de dix ans, jusqu'en 2047, avec un versement de 165 millions d'euros, témoignant de la réussite du musée ouvert en 2017 aux Emirats.

L'ONG Human Rights Watch a quant à elle affirmé dans un communiqué que "les ventes d'armes et le maintien de partenariats militaires douteux au nom du contre-terrorisme et au détriment des droits de l'Homme allaient rester comme une tache sur le bilan diplomatique d'Emmanuel Macron".

Dassault "s'envole" en Bourse après la vente record de 80 Rafale aux Emirats arabes unis
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