Localimus, le restaurant d’entreprise digital : "On est 10 fois moins cher qu'un restaurant d’entreprise classique"

La start-up propose un restaurant numérique qui profite aux entreprises et aux traiteurs locaux.

Le fondateur de Localimus, Morgan Vanderelst, et son promoteur de l'époque, Christian Castelain, devenu associé.
Le fondateur de Localimus, Morgan Vanderelst, et son promoteur de l'époque, Christian Castelain, devenu associé. ©D.R.

La start-up de la semaine

"En résumé, nous sommes un restaurant d'entreprise digital" , explique le CEO et fondateur de Localimus, Morgan Vanderelst. Les employés consultent le menu sur le site Internet et sont livrés directement sur leur lieu de travail. "En fait, on externalise les cuisines des entreprises chez les traiteurs locaux" , précise le CEO. L'idée est de faciliter la gestion des commandes entre entreprises et traiteurs.

Grâce à une soluton digitale et innovante, Localimus prend en charge l'entièreté du processus de la restauration d'entreprise, y compris le suivi administratif, de la commande aux paiements, en passant par la gestion des traiteurs et l'organisation des menus. "Tout ce qui est compliqué tant pour le traiteur que l'entreprise."

Localimus a été imaginé en 2013 dans le cadre du travail de fin d'études de Morgan Vanderelst. Il a été "découvert" par son promoteur, Christian Castelain, ex-fondateur d'EASI, qui est devenu son associé. "À la base on voulait aider les commerces locaux à se faire connaître et à se développer sur Internet" , explique Morgan Vanderelst. "Mais à ce moment-là, la data n'était pas utilisée comme aujourd'hui." Le fondateur adapte donc rapidement sa solution pour devenir une sorte de catering manager pour les entreprises.

Localimus travaille avec plus de 150 traiteurs sur l'année. Ceux-ci sont choisis selon un critère géographique et selon les attentes des entreprises. "Certaines ont des exigences plus haut gamme pour certaines réunions" , explique le fondateur.

Lors de l'annonce du premier lockdown , l'entreprise a constaté une chute de plus de 90 % des commandes de lunchs d'entreprise. Malgré tout, l'entreprise montoise affiche une croissance annuelle de 120 %. "On s'est rendu compte que les entreprises recherchaient des alternatives digitales au restaurant d'entreprise physique traditionnel car certains d'entre eux ne pouvaient plus fonctionner à cause de la crise sanitaire." Aujourd'hui, avec le télétravail obligatoire, Localimus est revenu à un taux d'utilisation de 65 %. "Ce sont les volumes de commandes qui ont été particulièrement touchés" , ajoute le fondateur. Localimus prend en charge entre 2,5 millions et 3 millions de commandes sur l'année.

Même si Localimus n'a pas dû licencier, l'équipe est passée de dix à six personnes. "Certaines personnes en chômage temporaire ont décidé de changer de secteur."

Dix fois moins cher qu’un restaurant classique

Active en Belgique, la start-up s'est intéressée à la France avant de se retirer. "Le marché est trop compliqué et le timing pas vraiment idéal" , précise Morgan Vanderelst. Localimus pourrait s'intéresser à d'autres marchés une fois que les conditions seront favorables. "Pas forcément en Europe." .

Parmi ses clients - elle en a plus de 100 - Localimus compte des multinationales comme Samsung, Danone ou Puratos et des PME de plus de 100 personnes.

La solution fonctionne avec une licence d'utilisation dont le prix varie entre "quelques centaines et milliers d'euros par mois" selon la taille de l'entreprise et les services choisis.

La start-up a réalisé deux levées de fonds, dont une de plus d’un million d’euros pour accélérer sa croissance. Elle a aussi bénéficié de prêts de IMBC et Novalia.

Alors que son produit est 10 fois moins cher que celui d'un restaurant d'entreprise classique, Localimus est deux fois plus performante en émission de CO 2 . "Cela s'explique par le fait qu'il y a très peu de déchet puisqu'on travaille en précommande, et avec des traiteurs locaux" , conclut le CEO.

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