Investir dans les chômeurs de longue durée est coûteux mais très rentable

Telle est la conclusion d'une nouvelle recherche menée par HIVA, l'Institut de recherche sur le travail et la société de la KU Leuven.

La Libre Eco avec Belga
Investir dans les chômeurs de longue durée est coûteux mais très rentable
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Après une dizaine d'années, un investissement structurel dans les chômeurs de longue durée rapporte chaque année à une société trois fois ce montant. Telle est la conclusion d'une nouvelle recherche menée par HIVA, l'Institut de recherche sur le travail et la société de la KU Leuven. "Investir dans les chômeurs de longue durée est très bénéfique pour la société", déclare le chercheur et professeur Ides Nicaise (HIVA-KU Leuven).

La recherche de HIVA est basée sur un concept venu de France, les "zones sans chômeurs de longue durée", qui repose sur le droit au travail pour tous. "Il est utopique de faire en sorte que chaque chômeur de longue durée trouve un emploi, mais il est important de garder cette ambition à l'esprit. Nous avons réalisé une analyse coûts-avantages de cette idée pour le gouvernement", explique M. Nicaise. "Car pour trouver un travail sur mesure pour chaque personne, il faut des subventions."

L'analyse montre que le concept de "zones sans chômeurs de longue durée" est un investissement relativement coûteux mais très rentable. La subvention par employé du groupe cible devrait s'élever à environ 40 500 euros par an, ce qui est supérieur aux subventions à l'emploi existantes. Mais le coût social du chômage de longue durée est déjà de 26 900 euros par personne et par an. Si le retour pour le gouvernement est d'au moins 13 600 euros par personne employée par an, le gouvernement est déjà rentré dans ses frais. Ce seuil est atteint assez rapidement.

Entreprises sociales

Après trois ans, le gouvernement commence déjà à récupérer sa subvention. Dès la dixième année d'emploi, l'investissement rapporte trois fois le coût pour la communauté. L'étude a pris en compte les effets à long terme et indirects de l'emploi social, tels que les coûts environnementaux ou l'augmentation du pouvoir d'achat. Les chômeurs de longue durée se retrouveraient par exemple dans des entreprises sociales telles que l'économie circulaire, la garde d'enfants, l'accueil périscolaire, le tourisme, etc.

"Ce sont ces entreprises sociales qui ont une grande valeur ajoutée pour l'ensemble de l'économie", déclare M. Nicaise. "Nous avons également inclus cette valeur ajoutée dans l'analyse, et cela donne un bilan très positif à l'investissement." Le professeur Nicaise appelle les différents gouvernements à investir de manière proactive dans les chômeurs de longue durée. "À Bruxelles et en Wallonie, il y a plus d'enthousiasme pour se lancer dans ces idées", déclare M. Nicaise. "Nous espérons que la Flandre sera également convaincue".

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