L'entrepreneur qui a révolutionné le marché du tourisme avec Avoriaz, Center Parcs, Sunparks, Aparthotels... est sur le point de perdre le contrôle de son groupe

L’homme qui "a fait Avoriaz" est sur le point de perdre le contrôle de son groupe, le géant français du tourisme Pierre & Vacances.

L'entrepreneur qui a révolutionné le marché du tourisme avec Avoriaz, Center Parcs, Sunparks, Aparthotels... est sur le point de perdre le contrôle de son groupe
©AFP
AFP

Le groupe de résidences de loisirs Pierre & Vacances, en difficulté depuis le Covid, a annoncé lundi être en négociations avec des investisseurs pour une recapitalisation qui se traduira par la fin du pilotage et du contrôle du groupe par son fondateur, Gérard Brémond.

"Visionnaire", Gérard Brémond, 84 ans, a construit en 50 ans le leader européen de la résidence de tourisme Pierre et Vacances.

Un diplôme de sciences économiques en poche, il se voit confier à l'âge de 27 ans, par son père Robert Brémond, promoteur immobilier, un projet de station de montagne qui deviendra Avoriaz, dans les Alpes françaises. "On reproche à Gérard Brémond de bétonner mais avec Avoriaz, il a eu cette vision avant tout le monde de station sans voiture, du 'tout sur place'", souligne Didier Arino, directeur du cabinet spécialisé Protourisme.

Gérard Brémond en parle comme de "la chance de [sa] vie", survenue dans les années 1960 : "J'ai fait Avoriaz et Avoriaz m'a fait. C'est devenu l'acte fondateur d'un groupe dont je n'aurais jamais imaginé qu'il prendrait une telle dimension" : le groupe, coté en Bourse depuis 1999, englobe Pierre et Vacances, Center Parcs, Sunparks, Aparthotels Adagio, Maeva.com...

"Gérard Brémond est un grand entrepreneur qui a révolutionné le marché du tourisme en inventant de nouvelles techniques de financement et de propriété", confie François Hollande, qui le connaît bien. "Il a su réanimer des lieux, aussi bien en montagne que dans l'espace rural", ajoute l'ancien président français.

Avec Pierre & Vacances, Gérard Brémond a inventé le concept de la "nouvelle propriété" : des particuliers achètent, à des prix réduits, des appartements qu’ils lui confient en location, tout en se réservant des droits de séjour. Un concept qu’il applique en rachetant des terrains aux Ménuires, à Val-d’Isère, Juan-les-Pins et Sainte-Maxime.

Pour Didier Arino, "sa vraie passion, c'est l'immobilier, pas le tourisme qui n'est qu'un outil. De ce point de vue, on peut dire que c'est un véritable constructeur de projets innovants". Selon un de ses anciens directeurs généraux Yann Caillère, toutefois, "il ne s'intéresse pas à la partie opérationnelle d'exploitation". Et c'est là que le bât blesse : "Une fois que le projet est réalisé, le reste n'est pas son problème. Ce qui fait qu'il y a un manque de réalisme, il n'a pas compris que son monde avait changé." (D'après AFP)