Ces milliardaires qui se sont emparés des médias français

De TF1 en passant par Le Monde, Le Figaro ou BFM, une poignée de milliardaires se cachent derrière une grande partie des médias français.

La Libre Eco avec AFP
Ces milliardaires qui se sont emparés des médias français
©Shutterstock

La plupart des médias français sont financés par des patrons, des familles ou des grands groupes. Parmi eux, des milliardaires ont investi de manière plus ou moins importante dans l'information.

Bernard Arnault, leader du luxe et de la presse éco

Le PDG du numéro un du luxe LVMH est actionnaire, via son groupe, du quotidien économique Les Echos, du Parisien et de sa déclinaison Aujourd'hui en France, et de Radio Classique.

Le groupe de Bernard Arnault, détenteur de la troisième fortune mondiale avec 131 milliards d'euros selon le magazine Forbes, a pris l'an dernier 40 % du groupe de médias Challenges, éditeur du magazine économique du même nom et de Sciences et Avenir. Selon Médiapart, il a aussi financé, via deux filiales de son groupe, le quotidien libéral L'Opinion et la société éditrice du site Slate.fr.

Famille Bettencourt et Ken Fisher, les discrets de L'Opinion

La famille Bettencourt, à la tête de L'Oréal, s'est associée, toujours selon Médiapart, à la création de L'Opinion, fondé en 2013 par l'ex-PDG du groupe Les Echos Nicolas Beytout. Le quotidien libéral, européen et pro-business compte parmi ses autres actionnaires le milliardaire américain spécialiste de l'investissement Ken Fisher.

M. Beytout n'a jamais divulgué les noms des financeurs et actionnaires de son journal, contrôlé par la société Bey Médias. Celle-ci a racheté en 2019 à François Pinault le groupe L'Agefi, poids lourd de l'information financière en France.

François Pinault, opinion et Gotha

Autre grand nom du luxe avec son groupe Kering, François Pinault, dont la fortune s'élève à 37 milliards d'euros d'après Forbes, détient au travers de sa holding personnelle Artemis, l'hebdomadaire de droite Le Point.

Il fait également partie du consortium propriétaire de Point de vue, le magazine des têtes couronnées.

La famille Dassault, fidèle au Figaro

Depuis 2004, la famille Dassault, dont la fortune est estimée à plus de 20 milliards d'euros par Forbes, est propriétaire du groupe Le Figaro, propriétaire du quotidien de droite et de ses magazines.

Le Figaro détient également les médias en ligne Wansquare et La lettre de l'Expansion, spécialisés dans l'information économique et financière.

Patrick Drahi, le magnat pressé

L'entrepreneur à la triple nationalité (française, israélienne et portugaise), propriétaire du groupe Altice, est entré dans l'information en 2014 avec le rachat du quotidien de gauche Libération qu'il a renfloué.

Un an plus tard, il se constitue un empire médiatique en acquérant le groupe NextRadioTV (devenu Altice Media), propriétaire de BFMTV et RMC, en plus d'autres titres de presse, dont l'hebdomadaire L'Express.

Depuis, le magnat des télécoms, qui pèse 10 milliards d'euros selon Forbes, a réduit ses participations : sortie de L'Express repris par Alain Weill et transfert de Libération à un fonds de dotation. En Europe, il est le premier actionnaire de British Telecom et de Meo (ex-Portugal Telecom).

Xavier Niel, l'iconoclaste

Xavier Niel, patron de Free, est entré en 2010 au capital du groupe Le Monde (comprenant aussi Télérama, La Vie, Courrier international) aux côtés du banquier d'affaires Matthieu Pigasse (avec qui il rachète en 2014 l'hebdomadaire L'Obs) et du mécène Pierre Bergé, décédé depuis.

Via sa holding NJJ, le trublion des télécoms a développé son propre portefeuille de médias, alternant investissements personnels (Nice-Matin, France-Antilles) et prises de participations minoritaires (Les Jours, La Provence, Mediapart).

L'an dernier, il a rendu incessibles ses parts dans le groupe Le Monde et L'Obs, les transmettant à un fonds de dotation auquel il compte apporter à terme ses autres participations majoritaires au sein des journaux français.

Bolloré, le raideur influent

L'homme d'affaires Vincent Bolloré, à la tête d'un groupe diversifié dans les technologies et la logistique et propriétaire du quotidien gratuit CNews (ex-Direct Matin), s'intéresse aux médias dès les années 2000.

Il troque en 2011 ses chaînes de la TNT contre des parts de Vivendi (propriétaire du groupe Canal+) dont il prend le contrôle. C'est avec Vivendi qu'il part en 2020 à la conquête du groupe Lagardère (Europe 1, JDD, Paris-Match, Hachette) dont il prévoit la prise de contrôle intégrale en février. En mai 2021, il est devenu propriétaire de Prisma Media (Femme actuelle, Géo, Gala, Capital), premier groupe de magazines en France.

En Europe, il est également actionnaire minoritaire du groupe espagnol Prisa (El País, Le Monde) et des géants italiens Mediaset et Telecom Italia.

Bouygues, le bâtisseur

Le groupe Bouygues, né du BTP, est entré dans la télévision en 1987 en rachetant TF1 lors de sa privatisation, puis s'est diversifié dans les télécoms. Il a fait de TF1 la première chaîne française en termes d'audiences.

Le groupe TF1, qui comprend désormais neuf chaînes (TMC, TFX, LCI...), une filiale de production et un pôle d'activités numériques, a annoncé en 2021 un projet de rapprochement avec M6/RTL.

Daniel Kretinsky, l'imprévisible

L'arrivée en 2018 dans la presse française du milliardaire tchèque, déjà à la tête d'un petit empire médiatique dans son pays et d'un puissant groupe énergétique, a stupéfié. En un an, il a racheté les magazines du groupe Lagardère Active (dont l'emblématique Elle), puis l'hebdomadaire Marianne et 49 % des parts de Matthieu Pigasse dans Le Monde.

Nouvelle surprise en 2021 lorsque le magnat, riche de 3,4 milliards d'euros d'après Forbes, a acquis plus de 5 % du groupe TF1.