Décès de Jacques Boël, un homme qui cultivait l’art de la discrétion

Dans le courant des années 90, Jacques Boël tira un trait sur l’ère sidérurgique d’une dynastie industrielle.

DdM et V.S.
Décès de Jacques Boël, un homme qui cultivait l’art de la discrétion
©BELGA

Nous avons appris vendredi, en fin de journée, le décès de Jacques Boël, personnalité très discrète du monde belge des affaires.

Né le 31 mars 1929, Jacques Boël, qui a suivi des études d'ingénieur civil (Métallurgie), fut également lieutenant de réserve du génie. Il fît partie de la quatrième génération d'une famille qui au départ de Gustave Boël (1837-1912) a fait fortune dans l'acier wallon, du côté de La Louvière, en rachetant les fonderies et laminoirs Ernest Boucquéau.
Une famille d'industriels donc mais qui prendra un virage plus financier dans le courant des années 90 : Jacques Boël, alors administrateur-délégué des Usines Gustave Boël, tire alors un trait sur la sidérurgie et vend les outils industriels familiaux au Néerlandais Hoogovens et à l'Italo-Suisse Duferco. C'est l'époque de la consolidation en Europe dans le secteur de l'acier, avec de nombreuses reprises et fusions.
Cet immense travailleur laissera le souvenir à ses proches d'un amateur de chasse, de la Bretagne et de l'art contemporain. Son entourage retiendra aussi sa capacité à s'intéresser à toutes les générations et à jouer un rôle fédérateur au sein de la famille Boël. Particulièrement accueillant, il aimait partager de bons mets et de grands vins avec ses hôtes.

Pour vivre heureux, vivons cachés. Telle aurait, en effet, pu être la devise de Jacques Boël et plus généralement d’une famille – l’une des plus riches et dit-on les plus influentes du pays (certains Boël furent bourgmestre, sénateur, président du Sénat) – qui rechigne le plus souvent à occuper le devant de la scène médiatique. Il est d’ailleurs assez révélateur de constater le peu de portraits consacrés par la presse aux membres de cette famille très secrète. Inutile donc de dire que ce clan Boël se serait bien passé des multiples rebondissements judiciaires qui ont émaillé, plusieurs années durant l’affaire Delphine. Jacques Boël qui a eu pour première épouse la baronne Sybille de Sélys Longchamps avait reconnu officiellement sa fille Delphine.