Quel sera l’impact économique de la guerre en Ukraine ?

Une PME sur cinq envisage d’utiliser le chômage force majeure, selon un coup de sonde de l’UCM.

V.S.
Deux répondants sur cinq (40 %) considèrent que leur activité est exposée ou très exposée à la guerre en Ukraine.
Deux répondants sur cinq (40 %) considèrent que leur activité est exposée ou très exposée à la guerre en Ukraine. ©Shutterstock

Quel sera l’impact économique de la guerre en Ukraine ? L’impact des sanctions économiques imposées à la Russie et des contre-sanctions décidées par Moscou ainsi que l’envolée des cours des matières premières (gaz, pétrole, cuivre, aluminium…) et des prix alimentaires ne cessent d’inquiéter, alors que l’économie mondiale se remet à peine de deux années de pandémie.

Selon l’OCDE, l’économie mondiale pourrait ainsi voir sa croissance amputée de plus d’un point et son inflation augmenter de 2,5 points sur un an si les effets de la guerre en Ukraine s’avéraient durables.

Hausse sensible des dépenses

La question se pose évidemment aussi au niveau belge. "En 2021, 1 556 entreprises belges ont exporté des biens vers la Russie. Qu'on ne s'y trompe pas : c'est très peu. À peine 1 % de nos exportations sont destinées à la Russie. Dans le même ordre de grandeur, 'seulement' 1 023 sociétés ont importé des biens de Russie vers notre pays", soulignait mercredi le cabinet du ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne. Si ces chiffres sont modestes, la grande inquiétude porte cependant sur l'impact inflationniste de l'importation de matières premières, en particulier concernant l'énergie et les céréales. Nos secteurs à forte intensité énergétique devraient être les plus touchés : le raffinage, la métallurgie, le ciment ou le verre, considérés comme de gros pourvoyeurs d'emplois. Pour y voir plus clair, le gouvernement a d'ailleurs demandé à la Banque nationale de Belgique d'examiner plus en détail l'impact de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières sur les différents secteurs d'ici la fin avril.

Et quid de nos PME ? L’UCM a tâté le terrain en questionnant 1 600 indépendants et chefs de PME de Wallonie et de Bruxelles, tous secteurs confondus. Un sentiment d’inquiétude transparaît clairement des résultats de ce coup de sonde : plus de 40 % des indépendants et chefs de PME francophones estiment que le conflit ukrainien va réduire leur chiffre d’affaires. Et 62 % disent déjà subir une hausse sensible des dépenses. Enfin, un sur cinq (21 %) envisage donc d’utiliser le chômage force majeure dans les semaines qui viennent.