Entrepreneurs en transition #27 : Will Smith et la gifle au climat

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Entrepreneurs en transition #27 : Will Smith et la gifle au climat
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Libre Eco week-end |

Il suffit d’un incident à la cérémonie des Oscars : cette gifle de Will Smith à Chris Rock, et on ne voit plus que cela dans les news, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la presse people. Chacun y va de son commentaire sur l’affaire de la gifle. On commente, on s’indigne, on est d’un avis ou d’un autre.

Mais quel détournement incroyable de notre faculté la plus importante : l’attention que nous pouvons porter aux choses.

Pendant que nous débattons de savoir si la gifle de Will Smith est "chevaleresque" ou "machiste", la Terre continue son inexorable réchauffement, à 0,2°C par décennie. Le CO 2 qui a été déversé dans l'atmosphère y est, pour des décennies, d'une façon que nous ne pouvons pas inverser. La déforestation des forêts tropicales a continué au rythme de 100 000 km² juste sur l'année écoulée. La sixième extinction de masse est en cours, et porte des atteintes irréparables à la biodiversité.

Ces news-là vont bien davantage influencer notre avenir, la planète que nous allons laisser à nos enfants. Et pourtant, on ne les voit guère dans nos flux d’informations…

Ces problèmes de fond peuvent bouillir au fond de la marmite, nous n’allons accorder d’attention qu’à un micro-événement, à un peu d’écume à la surface. Nous sommes comme la proverbiale grenouille dans la marmite, qui ne réagit qu’à un changement brusque et qui, lorsque l’augmentation est lente, se laisse cuire sans réagir.

On le voit aussi dans notre réaction à la guerre en Ukraine, et à l’afflux de réfugiés qu’elle provoque : on peut saluer la réactivité et la solidarité dont nous faisons preuve. Mais qui s’inquiète des migrations à venir, que l’on annonce en centaines de millions de personnes, déplacées par les sécheresses, montées des eaux, etc.

Ne pouvons-nous vraiment réagir que lorsqu’une crise est aiguë ?

S’il y a un événement qui devrait convoquer un sursaut chevaleresque, dans nos comportements de consommateurs, de citoyens, d’entrepreneurs, n’est-ce pas la gifle infligée jour après jour à l’environnement sur notre planète ?

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