BigCaptain évolue vers une plateforme unique : "Quand on a commencé, le mot sport tech n’existait même pas"

La start-up spécialisée dans le développement numérique pour la gestion du sport va s’attaquer au marché français.

L’équipe de BigCaptain compte 11 personnes, comme une équipe de football, réparties entre la Belgique et l’Espagne.
L’équipe de BigCaptain compte 11 personnes, comme une équipe de football, réparties entre la Belgique et l’Espagne.

Libre Eco week-end

Simplifier la vie des gestionnaires sportifs en leur apportant une solution numérique grâce à une plateforme logicielle SaaS, c'est l'objectif de la start-up BigCaptain. Anciennement be + SPORTS, la start-up namuroise souhaite, à travers ce changement de nom, se positionner comme le hub des gestionnaires d'organisations sportives. "À l'image du capitaine d'équipe qui est à l'écoute de ses coéquipiers, les acteurs du sport peuvent se reposer sur nous" , explique Bruno Patris, le CEO.

BigCaptain se positionne comme le carrefour numérique où les organisations sportives se connectent pour gérer et développer leur activité mais également pour se connecter entre elles et ainsi construire la communauté des managers du sport. "Quand on a commencé le mot sport tech n'existait même pas , confie le CEO. Dans une moindre mesure que les biotechs, ça crée de l'engouement et de l'intérêt de la part des investisseurs."

Créé en 2014 par deux anciens coéquipiers de basket, Bruno Patris et Simon Arickx, le CTO, la start-up a évolué vers une plateforme cloud tout-en-un qui s'adresse aussi bien aux fédérations, aux clubs qu'aux centres sportifs. "Au départ, on voulait attaquer les segments les uns après les autres et apporter des solutions individuelles" , expliquent les cofondateurs. Au fil de leurs développements, les deux associés constatent que les problèmes de gestion sont très semblables, bien qu'à des échelles différentes. Par exemple, alors qu'un club cherche à optimiser l'occupation de ses terrains pour les entraînements, les mêmes questions de planning se posent pour un centre sportif qui devra gérer les réservations d'infrastructures en évitant les conflits horaires, ou encore, pour une fédération en charge d'organiser les compétitions chaque week-end.

Levée de fonds de 500 000 euros

BigCaptain facilite donc la centralisation, l'automatisation, la planification, la collaboration et le partage sécurisé des données des clubs, ligues, fédérations, centres sportifs et piscines. "On a choisi la vision la plus complexe et ambitieuse" , ajoute le CEO. S'adresser à divers acteurs est à la fois un avantage - puisque ça les différencie de la concurrence - et un inconvénient. "Cela donne l'impression que nous ne sommes pas spécialisés, il faut donc convaincre les acteurs que notre plateforme est assez flexible pour s'adapter à tous leurs besoins."

Active en Belgique francophone mais également en Espagne "pour des raisons personnelles et historiques" , la start-up compte parmi ses clients 30 centres sportifs, six fédérations (comme les fédérations de basket-ball, de football en salle ou de handball) et 700 organisations sportives. BigCaptain fonctionne grâce à une licence annuelle dont le prix dépend du nombre de modules utilisés et du nombre d'utilisateurs. "Cela permet d'adapter le prix à la taille de l'acteur puisque les moyens et les attentes sont différents." Pour un club, le prix varie entre 150 à 300 euros alors que pour les grosses structures, cela peut monter entre 1500 à 7 000 euros. "Il existe également une version gratuite pour les clubs" , précise Bruno Patris.

L’équipe de BigCaptain compte 11 personnes, comme une équipe de football, réparties entre la Belgique et l’Espagne.

Après une première levée de fonds de 500 000 euros réalisée l'année dernière auprès de Sambrinvest, Digital Attraxion ainsi que des investisseurs privés via Be Angels, BigCaptain a accéléré le développement de sa plateforme mais souhaite également s'attaquer au marché français pour devenir un leader européen. Et la Flandre ? "C'est une question que je me pose tous les jours" , conclut Bruno Patris.