Abandon de Nord Stream 2 : Le géant allemand de la chimie BASF passe une dépréciation de plus d'1 milliard d'euros

Une dépréciation qui vise en particulier un prêt accordé à l'opérateur du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne, abandonné dans le sillage du conflit ukrainien.

La Libre Eco avec Belga
Nord Stream 2, défendu pendant des années par l'ex-chancelière d'Allemagne Angela Merkel, a été construit à raison de 10 milliards d'euros d'investissements cofinancés par cinq groupes européens du secteur de l'énergie.
Nord Stream 2, défendu pendant des années par l'ex-chancelière d'Allemagne Angela Merkel, a été construit à raison de 10 milliards d'euros d'investissements cofinancés par cinq groupes européens du secteur de l'énergie. ©BELGA

Le géant allemand de la chimie BASF a annoncé lundi avoir passé une dépréciation d'1,1 milliard d'euros qui vise en particulier un prêt accordé à l'opérateur du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne, abandonné dans le sillage du conflit ukrainien. Cette écriture imputable à sa filiale Wintershall Dea, un des groupes énergétiques ayant financé le projet, abaisse le résultat net part du groupe pour le premier trimestre à 1,22 milliard d'euros, en recul d'environ 30 % sur un an, a communiqué le groupe de Ludwigshafen.

Wintershall Dea, dont l'oligarque russe Mikhail Fridman, désormais sous sanctions occidentales, est propriétaire à un tiers, avait déjà annoncé début mars devoir passer 730 millions d'euros en pertes, soit la valeur de son investissement dans ce gazoduc achevé mais jamais entré en service.

Abandon de la part d'Olaf Scholz

Nord Stream 2, défendu pendant des années par l'ex-chancelière d'Allemagne Angela Merkel, a été construit à raison de 10 milliards d'euros d'investissements cofinancés par cinq groupes européens du secteur de l'énergie (OMV, Engie, Wintershall Dea, Uniper et Shell). Censé doubler la capacité d'approvisionnement de l'Allemagne en gaz russe, cette infrastructure a fait les frais de l'invasion de l'Ukraine.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé en février suspendre sine die son autorisation de mise en service après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de provinces ukrainiennes pro-russes, précédant de quelques jours le début du conflit armé.

BASF a par ailleurs fait état de ventes au premier trimestre en augmentation annuelle de 19 %, à 23,1 milliards d'euros, grâce à des prix augmentés et un effet de change positif. Son résultat opérationnel a lui atteint 2,79 milliards d'euros, dépassant nettement la valeur de l'an dernier et les attentes des analystes. À la Bourse de Francfort, le titre BASF grappillait en fin de séance 0,16 % à 51,44 euros, dans un indice Dax en recul de 0,63 %.

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