Entrepreneurs en transition #29 : A l'heure des élections française, quelles voix pour la planète ?

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Entrepreneurs en transition #29 : A l'heure des élections française, quelles voix pour la planète ?
©D.R.
Roald Sieberath

Libre Eco week-end |

Ces chroniques ne parlent quasi jamais de politique. D’abord par choix, et ensuite par foi dans l’adaptabilité des entrepreneurs : quel que soit le contexte politique, ils et elles vont trouver de nouveaux chemins de création de valeur.

Pourtant, avec une casquette "transition" et un regard sur le premier tour des élections présidentielles chez nos voisins français, on ne peut s’empêcher de faire quelques constats un peu désabusés.

Alors que nous sommes dans un contexte d'urgence climatique (moins de 5 ans pour inverser les tendances, autant dire que des mesures clés doivent arriver dans le prochain quinquennat), l'essentiel des candidats n'avaient pas donné une place majeure à l'environnement dans leur programme. Entre les discours polarisés de l'extrême gauche à l'extrême droite sur leurs sujets fétiches, le simple respect de l'Accord de Paris passe à la trappe, comme le remarque François Gemenne.

Les citoyens semblent voter avec leurs peurs, plutôt qu’avec leurs espoirs. Et une fois encore, c’est la fin du mois qui est plus pressante que la fin du monde.

Alors que les leviers politiques pour changer les choses sont systémiques et importants, ce résultat va décourager les politiques qui voudraient s’emparer d’enjeux de durabilité : visiblement, cela ne rapporte guère dans l’urne.

Si on ne peut guère compter sur la solution "venue d'en haut", cela ne devrait que renforcer notre volonté de faire émerger des solutions "d'en bas" (grassroots, comme disent les Américains, "par la racine"), par le tissu associatif, l'entrepreneurial social, les entreprises à mission, etc.

Des choses évoluent positivement : nous le voyons autour de nous dans une myriade d’initiatives qui touchent à la mobilité, à la nourriture, à la recherche de sens dans nos entreprises.

Le défi va être de diffuser, d’accélérer, de partager ces bonnes pratiques : arriver à l’effet de masse que requiert le défi de la transition.

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