Le travail des enfants est toujours d'actualité chez PostNL: "Je bosse de 13h à 22h pour seulement cinq euros de l’heure"

PostNL est encore au coeur de la tourmente.

Le travail des enfants est toujours d'actualité chez PostNL: "Je bosse de 13h à 22h pour seulement cinq euros de l’heure"
©Belga

En mars dernier, nous apprenions que les numéros un et deux de la filiale belge du groupe postal néerlandais avaient été incarcérés. En effet, la justice soupçonne cette filiale de pratiques illégales dans l'emploi de ses livreurs et notamment de "traite d'êtres humains". Aujourd'hui, une nouvelle enquête réalisée par VTM Nieuws et Het Laatste Nieuws révèle que le travail des enfants est toujours d'application au sein de l'entreprise.

Les journalistes en charge de l'enquête sont parvenus à retrouver la trace d'un sous-traitant soupçonné de travailler avec des mineurs. Des soupçons qui se sont avérés exacts, comme en témoignent des images filmées en caméra cachée. On peut ainsi apercevoir un adolescent de 13 ans accompagner son "chef" durant la livraison de colis. "Je travaille deux ou trois fois par semaine", explique l'adolescent qui a souhaité rester anonyme. "Je travaille par exemple le lundi, le mercredi et le jeudi. S'il y a beaucoup de colis, je bosse de 13h à 22h. Je gagne seulement cinq euros de l'heure. Normalement, on ne peut travailler qu'à partir de 15 ans, mais je veux gagner mon propre argent. Comme ça quand j'aurai un job plus tard, je serai déjà habitué", poursuit-il, des propos traduits par 7sur7.

L'adolescent travaille au sein de l'entreprise depuis plusieurs mois déjà, majoritairement le week-end et lorsqu'il n'a plus cours. "Parfois, j'ai envie de faire quelque chose avec mes amis, mais ensuite je dois aller travailler. Parfois, quand je m'endors, je me dis: est-ce que je dois vraiment y aller demain? Alors, je veux prétexter que je suis malade. Mais bon, je continue malgré tout", se désole-t-il en voyant sa vie sociale sévèrement impactée. Il poursuit ensuite en expliquant que les conditions de travail sont extrêmement stressantes. "Si je ne trouve pas un colis, il se met en colère (ndlr: son chef). Si je fais une erreur, il me crie dessus et balance les colis par terre. Est-ce que PostNL est au courant de cela? Je pense que oui parce qu'il m'a dit que quelqu'un avait déjà appelé la police pour prévenir qu'il travaille avec des mineurs. Mais il continue à le faire. Il m'a dit qu'il faisait cela depuis seize ans", conclut-il.

Des pratiques illégales desquelles PostNL seraient parfaitement au courant. C'est en tout cas ce qu'a affirmé un ancien sous-traitant. "Cela ne les intéresse pas, tant que les colis sont livrés", a révélé ce dernier. De son côté, l'entreprise néerlandaise nie évidement toute accusation d'engager des enfants pour livrer les colis. "Il s'agit d'allégations graves que nous-mêmes n'avons pas constatées au cours de nos contrôles quotidiens et de nos enquêtes approfondies. Nous partageons toujours les résultats de nos propres contrôles avec l'inspection sociale. Nous travaillons selon les règles et défendons des conditions de travail saines et décentes pour tous ceux qui travaillent avec ou pour nous", a réagi un porte-parole de PostNL.

Face à ces nouvelles révélations, la ministre fédérale de la Poste Petra De Sutter (Groen) a fait savoir qu'elle comptait s'attaquer très sérieusement à ces pratiques illégales. "Je veux être prudente, je ne sais pas s'il s'agit d'une pratique répandue, mais si ces images montrent vraiment ce que j'ai vu, alors nous devons nous attaquer à ce problème avec plusieurs ministres", a-t-elle confié à nos confrères.

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