La compagnie aérienne à bas coûts Volotea est accusée de remplacer des salariés grévistes

Un syndicat d'hôtesses et stewards a réclamé des mesures visant à empêcher la compagnie aérienne espagnole low cost Volotea de remplacer des salariés grévistes, lors d'une audience en référé au tribunal judiciaire de Nantes.

La Libre Eco avec AFP
La compagnie aérienne à bas coûts Volotea est accusée de remplacer des salariés grévistes
©EFE

Le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC) accuse la compagnie aérienne de profiter de l'obligation qu'ont les salariés du transport aérien de notifier à leur employeur leur participation à un mouvement de grève 48 heures à l'avance pour faire appel à des remplaçants.

"Les règles spécifiques mises en place pour encadrer le droit de grève dans le transport aérien ont une unique finalité: que les passagers puissent savoir quels vols seront perturbés. En aucun cas elles ne doivent être utilisées pour savoir quels salariés remplacer", a fait valoir l'avocat du SNPNC Fiodor Rilov.

En grève mi-avril pour protester contre des conditions de travail "précaires" et des rémunérations "insuffisantes", le personnel navigant de la compagnie a reconduit le mouvement à compter de samedi.

Des accusations contestées

"Le droit de grève est un droit constitutionnel. On doit le respecter et on le respecte. A aucun moment il n'y a eu d'entorse", a plaidé lors de l'audience l'avocat de Volotea Thomas Fernandez-Boni. Selon Me Rilov, la compagnie aérienne, dont le siège social se trouve en Espagne, aurait en outre fait venir des salariés d'autres pays de l'Union européenne afin de remplacer son personnel français."Il s'agit d'une décision qui doit donner lieu à une déclaration préalable au détachement. S'il n'y en a pas, comme nous le suspectons, alors le personnel exerce en plus en France de manière illégale", a souligné l'avocat, évoquant un "travail dissimulé".

Une accusation que conteste la compagnie aérienne.

La formation des référés du tribunal judiciaire a mis sa décision en délibéré au 5 mai.

Début avril, près de 350 000 euros d'amendes avaient été requises contre Volotea et son DRH devant le tribunal de police de Nantes pour infraction à la durée légale du temps de travail. Dans son préavis de grève, consulté par l'AFP, les syndicats évoquaient une situation "devenue intenable et intolérable en raison des conditions précaires des navigants" et un "épuisement physique et mental de ses employés".

Sollicitée par l'AFP, la compagnie aérienne n'a pas souhaité s'exprimer.

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