De moins en moins de personnes choisiront de voyager en train

Les déplacements de personnes, notamment en train, vont, dans les années à venir, atteindre un plafond en Belgique, ressort-il mardi d'une nouvelle projection du Bureau fédéral du Plan.

Sur la route, malgré une croissance du trafic routier total, le Plan table sur une diminution drastique des émissions directes de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques entre 2019 et 2040.
Sur la route, malgré une croissance du trafic routier total, le Plan table sur une diminution drastique des émissions directes de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques entre 2019 et 2040. ©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

Moins de personnes choisiront de voyager en train dans les années à venir, principalement en raison d'une généralisation du télétravail. La congestion routière, quant à elle, ne fait que s'accroître. C'est ce qu'indiquent les pronostics de transport à l'horizon 2040 pour le transport de personnes et de marchandises établis par le Bureau fédéral du Plan en collaboration avec le Service public fédéral Mobilité et Transports.

Les prévisions sont basées sur l'hypothèse d'une politique inchangée. En ce qui concerne le transport de passagers, le nombre total de passagers-kilomètres parcourus en 2040 sera supérieur de 6,1 % à celui de 2019. Mais ce total cache un "plafonnement", affirment les chercheurs. En effet, le nombre total de passagers-kilomètres augmentera encore jusqu'en 2030, mais après cette date, la croissance s'arrêtera pratiquement. D'une part, davantage de personnes se déplacent (en raison de la croissance démographique), mais cela est compensé par une diminution du nombre moyen de kilomètres parcourus par personne. En 2040, cette moyenne sera inférieure de 1 % à celle de 2019. Et cette évolution est principalement le résultat d'une généralisation du télétravail, qui amènera les gens à se déplacer moins souvent pour se rendre au travail et en revenir.

Les trains, en particulier, seront affectés par le télétravail. Selon les prévisions, à politique inchangée, la demande de transport de passagers par rail diminuera dans les années à venir : -3 % en 2040 par rapport à 2019. En effet, "le profil type des utilisateurs du train correspond assez bien au profil type de la population active qui peut et veut télétravailler". En ce qui concerne le trafic de banlieue, le train perdrait même 20 % des passagers-kilomètres d'ici 2040.

Le Bureau de planification et le SPF Mobilité s'attendent également à ce que, dans les années à venir, les gens se déplacent beaucoup plus souvent à pied ou à vélo (+35 % d'ici 2040), et que les déplacements en bus, tram ou métro s'améliorent également selon les pronostics (+8,8 %).

A pied ou à vélo

Cependant, la King Car reste de loin le moyen de transport le plus utilisé : la part de la voiture dans le transport de passagers sera encore de 82 % en 2040 (contre 83 % en 2019). Malgré une légère baisse après 2030, le nombre total de passagers-kilomètres parcourus en voiture en 2040 sera encore supérieur de 5,6 % à celui de 2019.

Pour le transport de marchandises, il n'y a pas de plafonnement. Le tonnage total transporté en 2040 sera supérieur de plus d'un cinquième à celui de 2019, avec une accélération après 2030, selon les prévisions. C'est là que le train sera le plus utile, avec une augmentation attendue du fret ferroviaire de plus de 28 %. Mais le transport routier de marchandises va également croître : +19,4 % d'ici 2040. Même pour les marchandises, le transport routier reste le mode de transport le plus important, avec une part de 77 % en 2040.

Plus de voitures et plus de camions sur la route - cela signifie aussi plus d'embouteillages. "La croissance du transport routier total entraîne une augmentation du trafic qui, en l'absence de nouvelles mesures, conduit à une diminution de la vitesse sur le réseau routier en raison de la congestion du trafic", indique le rapport. "Aux heures de pointe, cette vitesse diminue de 10 à 11 % sur les principaux axes dans et autour des agglomérations d'Anvers et de Gand, et de 6 % ailleurs en Belgique."

Il y a de meilleures nouvelles sur le front de l'environnement. Parce que le Bureau de planification et le SPF Mobilité s'attendent à une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, de particules et d'oxydes d'azote provenant du trafic routier. Pour les gaz à effet de serre, par exemple, la réduction sera de -38 % d'ici 2040 (par rapport à 2019) et pour les particules et les oxydes d'azote de -80 %. Les chercheurs évoquent "l'entrée en vigueur des nouvelles normes Euro, l'écologisation de la fiscalité automobile et l'interdiction progressive des voitures diesel et à essence dans la région de Bruxelles-Capitale".

Sur le même sujet