Credit Suisse accentue sa perte au premier trimestre et remanie son équipe de direction

Le directeur financier de la banque, David Mathers, est sur le départ. La perte de Cerdit Suisse avant impôts s'est chiffrée à 428 millions de francs suisses, contre une perte de 757 millions un an plus tôt.

La Libre Eco avec Belga
"2022 est une année de transition" a déclaré Thomas Gottstein, directeur général de la banque.
"2022 est une année de transition" a déclaré Thomas Gottstein, directeur général de la banque. ©BELGA

Credit Suisse, le numéro deux du secteur bancaire helvétique, annonce mercredi un remaniement de son équipe de direction en marge de ses résultats trimestriels, son directeur financier étant notamment sur le départ. David Mathers, aux commandes des finances depuis 2010, a fait part de son intention de quitter la banque pour trouver des opportunités ailleurs, mais restera en poste jusqu'à ce qu'un successeur soit trouvé afin d'assurer une transition ordonnée, précise la banque dans un communiqué.

Les recherches pour le remplacer ont déjà commencé, à l'interne comme à l'externe, précise la banque.

Credit Suisse annonce également la nomination d'un nouvel avocat général. Le poste va être confié à Markus Diethelm, l'ancien avocat général de la banque concurrente UBS et ancien chef du département légal du réassureur Swiss Re.

Il entrera en fonction à compter du 1er juillet pour succéder à Romeo Cerutti, qui prendra sa retraite après avoir occupé ce poste pendant 10 ans.

La banque annonce de surcroît un remaniement à la tête de la direction de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, qui va être confiée à Francesca McDonagh à compter du 1er octobre et de la zone Asie-Pacifique qui va pour sa part être confiée à Edwin Low après le départ le 1er juin de Helman Sitohang.

La banque a été secouée depuis plus d'un an par des scandales à répétition qui avaient débuté avec la faillite de la société financière britannique Greensill.

Perte nette accentuée au premier trimestre

Credit Suisse a fait également état d'une perte plus marquée que prévu pour le premier trimestre, à 273 millions de francs suisses (266 millions d'euros), plongeant encore un peu plus dans le rouge après des scandales à répétition.

La banque, dont les déboires avaient commencé avec la faillite de la société financière britannique Greensill, avait déjà émis un avertissement sur ses résultats la semaine passée en raison de provisions pour litiges mais aussi de pertes de crédit à la suite de l'invasion de l'Ukraine.

La banque creuse encore un peu plus ses pertes après avoir déjà essuyé une perte de 252 millions de francs au premier trimestre l'an passé et soldé l'année sur une perte de 1,6 milliard de francs suisses. Pour les trois premiers mois de 2022, ses produits nets, l'équivalent de chiffre d'affaires, ont fléchi de 42 % par rapport au premier trimestre l'an passé, à 4,4 milliards de francs, indique la banque dans un communiqué. Ses revenus ont chuté de 51 % au sein de sa banque d'investissement et de 44 % dans la gestion de fortune.

Sa perte avant impôts s'est chiffrée à 428 millions de francs suisses, contre une perte de 757 millions un an plus tôt.

"Le premier trimestre 2022 a été marqué par des conditions de marché volatiles et l'aversion au risque des clients", a déclaré Thomas Gottstein, son directeur général, cité dans le communiqué, expliquant que ces conditions ont affectés les recettes au moment où la banque prenait "des mesures décisives" pour se redresser.

"2022 est une année de transition", a-t-il toutefois répété, tout en disant vouloir se concentrer sur la mise en oeuvre "disciplinée" de la nouvelle stratégie de la banque.

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