"2022 a bien commencé pour AstraZeneca" : le groupe voit ses recettes bondir

Le bénéfice net part du groupe pharmaceutique a chuté de 75 % à 386 millions de dollars mais le chiffre d'affaires a augmenté de 56 % à 11,39 milliards de dollars.

Le groupe dévoile un projet de nouveau laboratoire de recherche et développement "dans le centre scientifique" de Cambridge, dans le Massachusets aux Etats-Unis.
Le groupe dévoile un projet de nouveau laboratoire de recherche et développement "dans le centre scientifique" de Cambridge, dans le Massachusets aux Etats-Unis. ©BELGA
La Libre Eco avec AFP

Le géant pharmaceutique Astrazeneca a publié vendredi un bénéfice net en forte baisse au premier trimestre, notamment à cause d'une charge juridique exceptionnelle liée au rachat d'Alexion, mais ses ventes ont bondi.

Le groupe prévoit aussi une baisse de ses ventes de vaccins anti-Covid dans les mois à venir alors que le danger de la pandémie est considéré comme étant en repli dans de nombreux pays, a-t-il prévenu, dans la foulée de ce qu'il avait déjà annoncé en février.

Le chiffre d'affaires global du groupe a augmenté de 56 % sur un an à 11,39 milliards de dollars au premier trimestre, dépassant les attentes des analystes. Il est notamment tiré par l'oncologie et les médicaments liés au covid.

La fusion avec Alexion, dont le rachat pour 39 milliards de dollars a été finalisé en juillet, induit sur le trimestre une charge de 775 millions de dollars liée au règlement d'un différend juridique de cette nouvelle filiale d'Astrazeneca. Mais l'opération commence aussi à porter ses fruits: les ventes liées aux traitements pour les maladies rares, dont c'est la spécialité d'Alexion, ont augmenté de 7 % sur la période.

Les ventes du vaccin anti-Covid Vaxzevria, qui fut l'un des premiers sur le marché avec celui de Pfizer, et qu'Astrazeneca avait mis sur le marché à prix coûtant, ont augmenté sur le trimestre écoulé, atteignant 1,145 milliard de dollars.

Celles de son médicament préventif à base d'anticorps Evusheld ont aussi progressé à 469 millions de dollars.

"Normalisation"

Mais le groupe souligne que le chiffre d'affaires provenant des ventes de médicaments liés à la pandémie de Covid-19 devrait baisser de 20 à 25% sur le restant de l'année.

A mesure que "la menace du Covid-19 recule, nous anticipons un déclin dans les revenus liés au vaccin", a prévenu le directeur général Pascal Soriot lors d'une conférence de presse en ligne.

"Dans beaucoup de pays nous entrons dans ce qu'on peut appeler une phase de normalisation et nous devons apprendre à vivre avec la maladie, à la gérer avec les vaccins et les traitements", poursuit-il.

Il relève qu'à l'avenir les campagnes de vaccination vont diminuer et se focaliser sur des rappels qui ne seront pas réalisés par tous, à l'instar des campagnes de prévention contre la grippe."Nous avons fourni 2,9 milliards de doses de vaccin (anti-covid) dans le monde" au total, souligne M. Soriot.

Les pays développés privilégient dorénavant les vaccins à ARNm comme celui de Pfizer, et le sérum d'AstraZeneca est aujourd'hui principalement redirigé vers le programme international Covax, destiné aux pays pauvres.

Le Royaume-Uni a notamment choisi d'autres vaccins pour ses doses de rappel. Le plus gros fabricant mondial de vaccins, le Serum Institute of India, basé en Inde, a récemment annoncé l'arrêt de sa production de vaccins anti-Covid, sous license AstraZeneca, après un effondrement de la demande intérieure et mondiale.

Si le groupe avait annoncé il y a quelques mois qu'il prendrait désormais des profits sur le sérum, ce sera toutefois un faible bénéfice. À titre de comparaison, Pfizer a envisagé de dégager environ 32 milliards de dollars cette année grâce aux ventes de son vaccin à ARN messager, co-développé avec BioNTech.

Le déclin des ventes de Vaxzevria sera partiellement compensé par celles d'Evusheld, projette le groupe, mais la marge brute de médicaments contre le Covid sera à la traine de la moyenne du reste du groupe.

Progression du chiffre d'affaires

Le bénéfice net part de l'ensemble de l'entreprise a chuté de 75 % à 386 millions de dollars au premier trimestre.

Une charge de 775 millions de dollars correspond à un accord de règlement amiable avec Chugai Pharmaceutical d'un différend hérité d'Alexion. Une hausse des dépenses de recherche et développement a aussi contribué à la baisse des profits ce trimestre, note Laura Hoy, de Hargreaves Lansdown.

Côté prévisions, le groupe s'attend à une nette progression du chiffre d'affaires et du bénéfice par action sur le restant de l'année même si les dépenses opérationnelles hors éléments exceptionnels devraient continuer à augmenter avec l'intégration d'Alexion.

L'action d'Astrazeneca était en légère baisse de 0,11 % à 10.550,00 pence à la mi-séance dans un marché en légère hausse.

Le groupe dévoile aussi vendredi un projet de nouveau laboratoire de recherche et développement dans le "hub" scientifique de Cambridge, dans le Massachusets aux Etats-Unis, prévu pour 2026.

"Le portefeuille de produits d'AstraZeneca a été dopé par l'acquisition d'Alexion" même si sa part dans le chiffre d'affaire total reste mince. Mais le coût pour développer ses médicaments "a pesé de manière importante sur les profits ce trimestre" et gonflent la dette, note Laura Hoy.

"Astrazeneca regarde cependant vers l'avenir" et "les médicaments pour les maladies rares ont moins de chances que les autres de voir leurs ventes cannibalisées par les génériques quand leurs brevets expirent", ajoute-t-elle.

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