Plus de 1,2 milliards d'euros : Airbus voit son bénéfice net tripler au premier trimestre

Le géant industriel, qui a gravement souffert de la crise du Covid-19, vise à l'horizon 2025 une production mensuelle de 75 appareils de la famille A320, son monocouloir vedette.

Les sanctions contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine semblent avoir eu un effet limité sur le géant industriel.
Les sanctions contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine semblent avoir eu un effet limité sur le géant industriel. ©Jean-Luc Flémal
La Libre Eco avec AFP

Airbus a vu son bénéfice plus que tripler sur un an au premier trimestre, à 1,22 milliard d'euros, malgré l'effet des sanctions contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine, a annoncé mercredi l'avionneur européen.

Le géant industriel, qui, comme tout le secteur aéronautique, a gravement souffert de la crise du Covid-19, a par ailleurs confirmé son optimisme à long terme en visant officiellement à l'horizon 2025 une production mensuelle de 75 appareils de la famille A320, son monocouloir vedette, dont le rythme de sortie des usines n'était encore que de 45 unités par mois à la fin de 2021.

Le bénéfice du premier trimestre, à comparer aux 362 millions d'euros de la même période de 2021, a été obtenu sur un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros, en hausse de 15 % sur un an, "reflétant essentiellement la hausse des livraisons d'avions commerciaux", a précisé le groupe dans un communiqué.

Airbus a livré 142 avions commerciaux entre début janvier et fin mars, contre 125 lors de la même période de l'année dernière. Cette branche a vu ses ventes croître de 17 % en valeur.

La branche hélicoptères, de son côté, a livré autant d'hélicoptères qu'un an plus tôt, soit 39 unités, mais le chiffre d'affaires a crû de 7 % "reflétant la croissance des activités de services" et des produits plus haut de gamme.

Enfin, les ventes de la branche militaire et spatiale ont progressé de 16 %, notamment grâce à la signature du contrat Eurodrone.

Touché par les sanctions

Ces résultats, alors que les sanctions contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont particulièrement touché le secteur aéronautique et spatial, "reflètent la solide performance de nos activités avions commerciaux, hélicoptères et défense", a salué le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury, cité dans le communiqué. "Nos prévisions pour 2022 restent inchangées, bien que le profil de risque pour le reste de l'année s'avère plus difficile en raison de la complexité du contexte géopolitique et économique".

Airbus vise donc toujours notamment la livraison de 720 appareils commerciaux cette année.

Au-delà de l'exercice en cours, "nous anticipons une croissance soutenue de la demande d'avions commerciaux portée par la famille A320", l'appareil à succès de la gamme de l'avionneur, a affirmé le dirigeant. "Par conséquent, nous collaborons étroitement avec nos partenaires industriels afin d'augmenter la cadence de production de la famille A320 pour atteindre 75 exemplaires par mois en 2025", a-t-il révélé.

Cet objectif désormais officiel avait déjà été évoqué en filigrane par Airbus, qui visait jusqu'alors une montée en puissance de sa production à 65 exemplaires mensuels à l'été 2023, déjà un nombre jusqu'alors jamais atteint.

Ombre à ce tableau, Airbus a toutefois annoncé mercredi un retard dans le programme du joyau de la gamme A320, l'A321XLR, version à très long rayon d'action.

Si Airbus "continue de tabler sur un premier vol d'ici la fin du deuxième trimestre 2022", "sa mise en service opérationnel devrait avoir lieu début 2024 afin de satisfaire aux exigences de certification", au lieu de fin 2023.

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