Face à la hausse des prix du carburant, Lufthansa annonce des billets plus chers

Cette inflation est pour l'instant "acceptée" par les clients et "nous ne voyons pas de problème d'impact sur la demande", explique la compagnie aérienne.

Le groupe Lufthansa inclut Austrian Airlines, Swiss et Brussels Airlines.
Le groupe Lufthansa inclut Austrian Airlines, Swiss et Brussels Airlines. ©BELGA
La Libre Eco avec AFP

Le géant européen du transport aérien Lufthansa s'est montré jeudi plus optimiste concernant l'évolution du trafic en 2022, misant sur un été favorable après avoir quasiment divisé par deux sa perte au premier trimestre.

"Les réservations augmentent chaque semaine, surtout pour les voyages de vacances", a noté le patron, Carsten Spohr, dans un communiqué. "Les gens voyagent à nouveau!"

Le groupe, qui inclut Austrian Airlines, Swiss et Brussels Airlines, a en conséquence relevé sa prévision pour un des indicateurs clés : la capacité, représentant le nombre de sièges ouverts à la réservation en fonction de la demande attendue, devrait atteindre 75 % cette année contre 70 % annoncé précédemment. La capacité n'était que de 57 % au premier trimestre, marqué par l'impact du variant Omicron. Le groupe a toutefois divisé sa perte nette par près de deux, à 584 millions d'euros, par rapport à début 2021.

La compagnie garde inchangée sa prévision d'une "amélioration" du résultat d'exploitation annuel et n'exclut pas de renouer avec les bénéfices après deux années de pertes abyssales liées à la crise sanitaire qui a entraîné la suppression de plus de 30 000 emplois au sein du groupe.

"Nous visons un résultat d'exploitation positif cette année" et dès le deuxième trimestre, a souligné le directeur financier Remco Steenbergen, prévenant cependant que "l'énorme augmentation" des prix du carburant rend "impossible" une prévision exacte.

Lufthansa a aussi confirmé son objectif stratégique d'une marge d'exploitation de 8 % en 2024.

La demande devrait rester élevée pour la branche de fret Lufthansa Cargo, qui a réalisé au premier trimestre un bénéfice d'exploitation ajusté de 495 millions d'euros, en progression de 57 % sur un an.

Plombée par la hausse des coûts, l'activité passager du groupe affiche une perte de 1,1 milliard d'euros contre 1,4 milliard il y a un an, mais le nombre de clients a plus que quadruplé à 13 millions.

Billets plus chers

Au premier trimestre, le chiffre d'affaire total du groupe a doublé sur un an, à 5,7 milliards d'euros et la perte d'exploitation ajustée, indicateur très observé par les marchés, a atteint 591 millions contre 1,05 milliard au premier trimestre 2021. L'offre totale atteindra cet été 95 % du niveau d'avant-crise pour les vols court courrier européens et 85 % pour les liaisons transatlantiques, précise l'entreprise, qui dit avoir enregistré "autant de réservations ces dernières semaines que jamais depuis le début de la pandémie".

Alors que les voyages privés ont repris plus rapidement que les voyages d'affaires, Lufthansa proposera un nombre inédit de plus de 120 destinations touristiques, évoquant un "été record" du point de vue touristique. L'amélioration de la demande a été "meilleure et plus rapide qu'attendue", explique M. Steenbergen.

Mais le retour des voyages s'accompagnera, pour les clients, de billets plus chers. "La hausse des prix du carburant est beaucoup trop grande pour être compensée par une réduction des coûts et donc les prix des billets doivent augmenter", a-t-il expliqué.

Cette inflation est pour l'instant "acceptée" par les clients et "nous ne voyons pas de problème d'impact sur la demande".

Autre souci : les embouteillages dans les aéroports. "Beaucoup de nos partenaires - aéroports, contrôle aérien, restauration - sont confrontés à de grandes pénuries de personnel", a expliqué M. Spohr. "Beaucoup de ces problèmes ne seront pas résolus d'ici l'été", a-t-il ajouté, évoquant même dans son discours à l'assemblée générale, publié mardi, un "été compliqué" de ce point de vue. Lufthansa a dû annuler plus d'une centaine de vols autour de Pâques en raison de problèmes à l'aéroport de Francfort.

>> Lire aussi : La flambée des prix des carburants va-t-elle faire décoller les prix des billets d'avion en Europe ?

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