Des synthèses écrites à la vidéo : ces deux plateformes qui viennent en aide aux étudiants

Wirenotes et Edmaster, deux "edtechs", offrent leurs services dans l’enseignement supérieur et universitaire.

Cédric Goffeau, économiste de formation, et Damien Gonze, ingénieur civil, gèrent deux sites edtechs qui séduisent les étudiants.
Cédric Goffeau, économiste de formation, et Damien Gonze, ingénieur civil, gèrent deux sites edtechs qui séduisent les étudiants. ©Shutterstock
Van Campenhout Patrick

La start-up de la semaine

Cédric Goffeau, économiste de formation, et Damien Gonze, ingénieur civil, gèrent deux sites edtechs qui séduisent apparemment les étudiants, au point que le duo vient de lever 500 000 euros, auprès de BeAngels et Wapinvest, dans le but de déborder de nos frontières et d'attaquer le Royaume-Uni et la France.

Le premier site, Wirenotes, est une plateforme belge totalement gratuite qui reprend, de manière structurée, des notes de cours, des synthèses, des "tuyaux" pour avancer et réussir, des bons plans… Le tout pour aider les étudiants à garder le contrôle. "En secondaire, explique Cédric Goffeau, les jeunes peuvent faire appel à leurs parents, interroger leurs professeurs quand ils ne comprennent pas une matière. Et puis ils sont encadrés, il y a des horaires, les présences, le journal de classe. Tout cela change dès l'arrivée en école supérieure ou à l'université. C'est là que s'inscrit notre plateforme qui est parfaitement sécurisée."

"Aujourd’hui, il y a plusieurs sources de revenus : la publicité et la mise en relation d’entreprises à la recherche de talents avec les étudiants que nous aidons à trouver un job", explique Cédric Goffeau.
"Aujourd’hui, il y a plusieurs sources de revenus : la publicité et la mise en relation d’entreprises à la recherche de talents avec les étudiants que nous aidons à trouver un job", explique Cédric Goffeau. ©D.R.

La plateforme Wirenotes est plus qu'une bibliothèque. Mais qu'est-ce qui la fait tourner ? "Pour le lancement, comme je travaillais à Londres où les salaires sont relativement élevés, on a fonctionné sur fonds propres à partir de 2016-2017. Aujourd'hui, il y a plusieurs sources de revenus : la publicité et la mise en relation d'entreprises à la recherche de talents avec les étudiants que nous aidons à trouver un job" , explique Cédric Goffeau. Ancien collaborateur chez LTG (Learning Technologies Group) à Londres, il a donc réussi un premier essai puisque Wirenotes se targue de servir quelque 70 000 étudiants qui, chaque année, consultent plus de 10 millions de pages et d'infos. Plus de 50 000 documents ont déjà été téléchargés.

"Nous accompagnons les étudiants depuis la rhéto. Et un an avant la fin de leurs études, on leur demande ce qu’ils souhaitent faire par la suite".

"Par ailleurs, nous réalisons aussi des enquêtes sur ce que souhaitent les étudiants. C'est ce qui nous a amenés à privilégier des formats tendance comme les vidéos courtes" , reprend Cédric Goffeau. Celles-ci, longues de 10 à 15 minutes, sont réalisées par des étudiants de bon niveau qui ont terminé des cours et se sentent capables de les enseigner à leur tour. "Nous les sélectionnons sur base de critères précis : de très bons étudiants, qui ont la fibre de l'enseignement et qui sont à l'aise avec la vidéo. Nous leur fournissons le matériel, un cadre pour réaliser leurs vidéos et… nous les rétribuons dans le cadre de contrats étudiants, entre 20 et 30 euros de l'heure ! Ils réalisent leurs vidéos où ils le souhaitent, mais ils ont des délais à respecter. On les accompagne, bien entendu" , assure encore Cédric Goffeau.

Une plateforme de type TikTok ?

Ces vidéos de cours, qui séduisent les étudiants à la manière des vidéos TikTok, sont disponibles sur une autre plateforme, Edmaster , fonctionnant sur un autre modèle économique. Créée en 2021, Edmaster propose déjà 2 000 vidéos de cours, dont 400 sur le droit belge. "Ici, pour avoir accès à tout ce contenu, nous demandons de prendre un abonnement à partir de 5,99 euros par mois." Mais le paiement n'est-il pas un frein pour les jeunes ? "Non, ça commence à fonctionner auprès de 500 à 1 000 utilisateurs, mais on sait que cela va grimper à l'approche des examens. Le système est proposé aussi au Royaume-Uni. Et certaines facultés nous contactent et paient pour donner un accès gratuit à leurs étudiants." Le principe séduit donc les profs ? "Oui, on est actif dans un accélérateur d'entreprises edtechs en France et on travaille avec des professeurs" , explique encore Cédric Goffeau. Pour lui, fondamentalement, alors que l'enseignement traditionnel évolue peu, il est important d'utiliser des techniques plus efficaces afin de pallier le problème de l'échec et de la dévalorisation des diplômes.

En bref

Société : WireCorp, qui a développé Wirenotes et Edmaster, a été fondée en 2016 par Cédric GGoffeau et Damien Gonze.

Investisseurs : BeAngels et Wapinvest ont apporté récemment 500 000 euros.

Sites :https://www.wirenotes.eu/et https://www.edmaster.me/

En chiffres : 10 millions, c'est le nombre de pages vues par an sur Wirenotes.

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