Entrepreneurs en transition #32 : le client est-il une variable ?

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l'Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l'UCLouvain et à l'UNamur.

Entrepreneurs en transition #32 : le client est-il une variable ?
©D.R.
Roald Sieberath

Libre Eco week-end |

En creusant des questions sur la mobilité, je suis tombé sur une étude de nos voisins français : 42 % des personnes dont le travail est à moins d'un kilomètre de leur domicile prennent généralement leur voiture pour s'y rendre.

Nous sommes assaillis de chiffres, et parfois il faut s’asseoir (sur un vélo) pour mieux réaliser la chose : pour un trajet aussi court (10 minutes à pied), près de la moitié d’entre nous préférera sortir la voiture, s’engager dans la circulation, et trouver un parking. Il n’y a pas besoin d’être écolo pour réaliser l’absurdité générale de ce comportement.

Bien entendu, il en existera toujours pour vous pointer tel ou tel cas d’exception (l’éventualité d’un déplacement en journée, des objets lourds à transporter, déposer un enfant à l’école,…)

Nous vivons une période où des facteurs extérieurs nous donnent à réfléchir : réduire notre dépendance à l’énergie russe, réduire notre consommation d’énergie tout simplement, parce que les prix flambent… Je rencontre de plus en plus d’entrepreneurs et de projets qui tentent d’innover autour de l’énergie, sans doute un des enjeux les plus cruciaux de notre époque, en prise directe sur les problématiques économiques, environnementales, et sociales. Et pourtant, dans beaucoup de cas, on va se confronter à cette variable de l’équation : le consommateur est-il prêt à changer ses comportements ?

Pour revenir à notre exemple de la mobilité, on réalise que le changement est très lent et que les habitudes sont tenaces. Le vélo gagne peu à peu du terrain pour les déplacements en ville. C'est assez logique quand on sait que les deux tiers des trajets font moins de 5 kilomètres. Mais on sait à présent que les citoyens-consommateurs ne sont pas que logiques et rationnels. Il faut souvent des nudges, des petites incitations psychologiques ou commerciales pour faire évoluer peu à peu les mentalités et les comportements.

On reçoit (comme moi) un parrainage pour une trottinette électrique partagée, on essaie,… et on peut être assez convaincu que c’est beaucoup mieux que la voiture dans nombre de cas. Bien entendu, les éternels insatisfaits y trouvent facilement des inconvénients (parking sauvage, sécurité… ) sans remettre en cause ceux des voitures, ancrées dans les habitudes. Plus que jamais, ce que l’on veut changer dans le monde commence en soi.

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