"La Banque nationale de Belgique veut se débarrasser de nous et abuse de son pouvoir"

Merit Capital et la Banque nationale vont se retrouver devant les tribunaux.

La Libre Eco avec Belga
"La Banque nationale de Belgique veut se débarrasser de nous et abuse de son pouvoir"
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Le tribunal de l'entreprise d'Anvers a entendu les deux administrateurs désignés pour le gestionnaire de fortune Merit Capital, dans son conflit avec la Banque nationale. L'avenir de Merit Capital est plus qu'incertain après que la Banque nationale a révoqué l'agrément du gestionnaire de fortune. La BNB a remis en question à plusieurs reprises cette structure financière. En avril, à la demande de Merit Capital même, le tribunal de l'entreprise a désigné deux administrateurs provisoires.

Les avocats de la Banque nationale prétendent aujourd'hui que la désignation de ces administrateurs bloque leur travail, et que Merit essaie de rendre caduques les conséquences de son retrait de licence. "Tout cela alors qu'on ferait mieux d'informer les clients correctement et à temps." Selon la BNB, les lettres informatives n'ont pas été envoyées à temps aux clients. "Le courrier néerlandophone est parti jeudi et la version francophone n'est même pas encore sortie."

Les avocats de la BNB demandent de mettre fin au mandat de ces administrateurs et d'entamer la procédure en liquidation de l'entité Merit Capital. Mais cette dernière ne s'avoue pas vaincue et est encore à la recherche d'un repreneur. Selon les avocats de Merit, la BNB chercherait à évincer le bras judiciaire de cette affaire car elle estime être seule compétente en la matière.

"La Banque nationale suit sa propre ligne politique", avancent les avocats de Merit. "On souhaite la disparition de Merit, indépendamment de toute considération économique."

Les représentants de Merit Capital ont qualifié la position de la Banque nationale de "posture bureaucratique intransigeante" qui ne permet aucune solution de coopération. Merit redoute que si les clients partent, l'entreprise ne pourra pas être vendue intégralement et elle plaide donc pour le maintien de ces administrateurs.

Ceux-ci, issus du bureau anversois d'avocats Vanhoucke, ont indiqué que toutes les conditions de la faillite étaient entre-temps réunies. "Une reprise par un gros acteur peut vite arriver. Mais si la BNB persiste et que nous ne sommes autorisés qu'à accompagner chaque client vers la sortie, l'argent va vite disparaître."

Un des principaux actionnaires, Leo De Backer, estime que la Banque nationale cherche à éjecter Merit Capital du marché. Selon lui, la BNB a emmené Merit à l'abattoir, mais elle s'est trompée de cible. "Elle veut se débarrasser de nous et abuse de son pouvoir. Il y a aujourd'hui une offre d'une grande banque que même la BNB ne pourra pas refuser. Nous n'allons pas laisser passer cela. Nous allons porter plainte et nous allons gagner."

Le tribunal poursuivra l'examen de ce litige le 20 mai.