Pôle électrique de Renault : "La porte sera toujours ouverte à Nissan"

"La porte sera toujours ouverte à Nissan" pour investir dans le pôle électrique de Renault qui pourrait devenir une entité distincte, voire le rejoindre à terme, a déclaré lundi le directeur général du constructeur français, Luca de Meo.

La Libre Eco avec AFP
Luca de Meo est le directeur général de Renault depuis 2020.
Luca de Meo est le directeur général de Renault depuis 2020. ©BELGA

En déplacement au Japon, M. de Meo et Jean-Dominique Senard, le président de Renault et de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, font la promotion de ce projet auprès de leurs partenaires nippons, mais sans vouloir leur forcer la main.

Le sujet était notamment au menu d'un conseil de l'Alliance mardi au siège de Nissan à Yokohama, une réunion organisée en présentiel pour la première fois depuis plus de deux ans à cause de la pandémie.

De manière générale, Renault n'a pas l'intention de "forcer" Nissan et Mitsubishi Motors "à faire ce qu'ils n'ont pas envie de faire", ni d'imposer des "compromis qui créent des frustrations et ne sont pas des solutions optimales", a assuré M. de Meo devant quelques médias dont l'AFP.

S'agissant de la future structure de son pôle électrique, sur laquelle Renault prévoit d'apporter des précisions à l'automne 2022, le constructeur français prévoit donc de démarrer seul.

"Mais la façon dont nous avons construit le projet fait que la porte sera toujours ouverte à Nissan pour prendre le train en marche", selon M. de Meo. "Ce sera à eux de décider".

Une combinaison de leurs actifs dans ce domaine "permettrait de créer le premier constructeur électrique au monde", a toutefois vanté l'Italien.

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"Rien n'est fermé"

Nissan a déjà dit ces derniers jours qu'il comprenait le bien-fondé du projet pour Renault, tout en expliquant qu'il lui serait difficile de scinder ses propres activités électriques, du fait de sa répartition géographique beaucoup plus large et des rythmes différents de ses principaux marchés (Etats-Unis, Chine et Japon) en matière d'électrification.

"Nous devons étudier soigneusement ce qui serait dans le meilleur intérêt de Nissan (...). Il y a des options variées et nous devons toutes les considérer", a déclaré lundi le directeur général du constructeur japonais Makoto Uchida lors d'un point presse à Yokohama, curieusement distinct de celui de Renault.

L'Alliance a subi des remous après la chute de son grand patron Carlos Ghosn, arrêté fin 2018 au Japon pour malversations financières présumées et qui a fui par la suite au Liban.

Mais les nombreux vents contraires qui ont déferlé ensuite sur le secteur automobile, de la pandémie à la pénurie de semi-conducteurs, ont rendu la coopération entre les trois constructeurs plus nécessaire que jamais, s'accordent à dire leurs dirigeants.

Des questions délicates restent néanmoins en suspens, comme le déséquilibre des participations croisées entre Renault et Nissan. Le premier détient plus de 43 % du second, mais le groupe japonais ne possède que 15 % du constructeur français et sans droits de vote, alors qu'il est beaucoup plus gros que lui.

Revoir les participations croisées "n'est pas le sujet (aujourd'hui, NDLR), nous devons d'abord consolider les bases de l'Alliance", a répété lundi M. Senard. Mais "rien n'est fermé" à terme, a-t-il glissé.