Entrepreneurs en transition #36 : La psychologie du changement

Une chronique de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et responsable de l’Accélérateur Transition pour LeanSquare, professeur invité à l’UCLouvain et à l’UNamur.

Roald Sieberath
Entrepreneurs en transition #36 : La psychologie du changement
©D.R.

De nombreux acteurs de la transition commencent à être désabusés face à notre capacité collective et individuelle de changement.

Longtemps, les optimistes et rationnels ont cru qu’il suffirait d’informer (sur les dangers du changement climatique, la nécessité de la biodiversité, etc.) pour que l’homo sapiens (prétendument "sage") change ses comportements.

Les rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) s’accumulent, les COP sur le climat se succèdent, le verdict scientifique est de plus en plus clair… mais la volonté politique et citoyenne ne suit pas.

"Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs", selon le mot de Chirac.

Des mouvements citoyens, de la résistance civile, se font jour ça et là. Mais guère de mouvements de masse. Nous restons devant nos écrans, amused to death, à nous divertir pendant que la planète brûle.

Il suffit de lire sur Twitter les commentaires sur l’activiste qui avait osé interrompre Roland Garros, pour réaliser qu’encore et toujours, nous préférons "regarder ailleurs".

Quand on observe nos déplacements en ville, on voit encore et toujours beaucoup de véhicules (de plus en plus gros… le SUV s'est imposé comme un must) qui transportent généralement… une seule personne. Dieu merci, de plus en plus de citoyens se déplacent à vélo, à trottinette électrique (partagée ou non). Bien sûr, la majorité des automobilistes aura toujours une bonne raison : "oui mais"… (si j'ai des enfants à déposer, s'il pleut, si j'ai des courses à faire…)

Mais honnêtement : n’est-ce pas aussi en grande partie dans notre tête que cela se joue ? Est-ce que ce n’est pas à nos failles psychologiques inconscientes que notre voiture et style de vie offrent une compensation ?

Une fois de plus, si on veut changer le monde, il faut commencer par travailler sur soi.