LiveDrop séduit les investisseurs avec sa machine pour trier les cellules vivantes

La start-up vient de boucler un premier tour de table de 2,3 millions d’euros pour embaucher et commercialiser son outil d'analyse et de tri des cellules vivantes d'ici un an.

Stéphanie van Loo, ingénieure biomédicale à l’ULiège et CEO de LiveDrop.
Stéphanie van Loo, ingénieure biomédicale à l’ULiège et CEO de LiveDrop. ©LiveDrop

La start-up de la semaine

Créée en avril 2022, la jeune pousse LiveDrop est le fruit de presque dix ans de recherches et de travaux de sa CEO et CTO Stéphanie van Loo. Ingénieure biomédicale à l’ULiège, la jeune femme étudie depuis son doctorat le procédé qui fait aujourd’hui le succès de LiveDrop : la microfluidique des gouttes. Stéphanie van Loo, en collaboration avec le Professeur Tristan Gilet, a ainsi imaginé un module compact capable de trier les cellules biologiques vivantes, ce qui lui a valu un financement “First Spin-Off” de la Région wallonne.

"Pendant quatre ans, j'ai travaillé à transformer ce qui n'était encore qu'une technologie universitaire en un véritable produit commercialisable, et doté d'un business model réfléchi depuis 2020", partage l'ingénieure. Émergeant du Microfluidics Lab de l'ULiège, LiveDrop est aujourd'hui en possession de son premier prototype fonctionnel, déjà utilisé régulièrement par un centre de recherche et une université belges dont les noms sont pour l'instant tenus secrets. Et la technologie semble avoir convaincu, puisque la start-up vient de boucler un premier tour de table de 2,3 millions d'euros, dont 1,4 millions récoltés auprès des fonds institutionnels Noshaq et W.IN.G., du fonds privé Innovation Fund, de la société liégeoise Trasis et de la famille Martial. Le reste provient de subsides de la Région wallonne et d'avances récupérables.

Trier des gouttes pour trier des cellules

Mais alors, pourquoi un tel enthousiasme ? Que fait concrètement la machine de LiveDrop ? "Notre outil permet d'analyser et de trier des cellules biologiques vivantes à haute vitesse et de manière performante grâce à la microfluidique des gouttes, détaille Stéphanie van Loo. La microfluidique des gouttes, c'est le principe de pouvoir former de petites gouttes d'eau dans l'huile, un peu comme dans une vinaigrette. Nous pouvons ainsi encapsuler les cellules biologiques dans ces gouttes - environ une cellule toutes les dix gouttes -, et puisque nous sommes capables de trier les gouttes, nous sommes capables de trier les cellules".

Stéphanie van Loo, CEO & CTO de LiveDrop, et Geoffrey Holsbeek, head of business development and innovation.
Stéphanie van Loo, CEO & CTO de LiveDrop, et Geoffrey Holsbeek, head of business development and innovation. ©LiveDrop

Ce procédé de recherche fondamentale permet par exemple de trier des cellules productrices d’anticorps thérapeutiques, cancéreuses, immunitaires rares, des cellules souches ou encore fragiles ou difficiles à manipuler avec les techniques classiques. LiveDrop vise ainsi les sociétés de biotechnologies, les départements R&D de sociétés pharmaceutiques, les centres de recherche et les laboratoires académiques actifs dans la biologie cellulaire, l’oncologie, l’immunothérapie et la thérapie cellulaire, la médecine régénérative ou encore les cellules souches.

L’Europe avant l’Amérique du Nord et l’Asie

"Piéger une cellule vivante dans une goutte d'eau est un concept qui existe depuis une vingtaine d'années, mais la nouveauté est que nous intégrons tout ce procédé dans une seule machine clé en main qui tient sur une table, précise la CEO de LiveDrop. L'objectif à terme est de proposer à la vente ces machines et les puces microfluidiques qui vont avec (cartouches dans lesquelles on met les échantillons, NdlR). Une machine coûtera entre 100 000 et 250 000 euros l'unité, en fonction des options".

Grâce au tour de table tout juste finalisé, LiveDrop, qui compte à ce jour trois collaborateurs, souhaite embaucher deux ingénieurs R&D d’ici début août et deux commerciaux en 2023. La jeune pousse va également continuer à perfectionner sa machine sur les 24 prochains mois, avec pour ambition de commercialiser les premiers modèles d’ici un an, d’abord en Europe puis rapidement en Amérique du Nord et en Asie.

En bref

Société : LiveDrop fondée par Stéphanie van Loo (CEO & CTO).

Investisseurs : Fonds Noshaq W.IN.G. et Innovation Fund, Trasis, business angels, subsides de la Région wallonne et avances récupérables.

Site :https://www.livedrop-bio.com/

Particularité : Spin-off de l'ULiège.