La majorité parlementaire rend un avis commun sur le futur contrat de gestion de la RTBF

De manière générale, la RTBF devrait réduire progressivement, et sans compensation financière, le plafond actuel de 25% de ses recettes qui peuvent être issues de la publicité.

La Libre Eco avec Belga
Les programmes d'information (et pas seulement les JT ou JP) seraient "sanctuarisés" par une interdiction de coupures pubs.
Les programmes d'information (et pas seulement les JT ou JP) seraient "sanctuarisés" par une interdiction de coupures pubs. ©D.R.

Les partis de la majorité PS-MR-Ecolo au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont présenté mardi en commission un avis commun, finalisé la veille, sur le futur contrat de gestion de la RTBF (2023-2027). La plateforme de diffusion Auvio y tient une place particulière, avec la demande d'un algorithme de service public qui n'enferme pas l'internaute dans ses seules préférences, stimule la diversité et favorise la "découvrabilité" des contenus. Les élus réclament aussi la possibilité pour l'internaute de passer ("skipper") la publicité après quelques secondes.

De manière générale, la RTBF devrait réduire progressivement, et sans compensation financière, le plafond actuel de 25% de ses recettes qui peuvent être issues de la publicité, une manière de "diminuer la pression publicitaire sur les publics", recommandent-ils. Les programmes d'information (et pas seulement les JT ou JP) seraient "sanctuarisés" par une interdiction de coupures pubs.

Dans le même temps, l'information devrait voir ses moyens "immunisés", afin de l'épargner "le plus possible en cas de restrictions budgétaires". Il conviendrait aussi de "renforcer le pluralisme des invités, experts ou chroniqueurs", une demande particulièrement soutenue par le MR.

Neutralité carbone

Ecolo insiste notamment sur la nécessité d'un plan d'actions pour que la RTBF atteigne la neutralité carbone d'ici 2050, avec des jalons intermédiaires tous les cinq ans, une décarbonation des consommations des bâtiments et le remplacement progressif de la flotte par des véhicules non thermiques.

Diminuer le nombre de contrats précaires, inscrire la RTBF dans une logique de télétravail, examiner des modalités de réduction du temps de travail sur base volontaire, sans perte de salaire et avec embauche compensatoire, sont autant de demandes plus spécifiquement socialistes.

Le harcèlement en ligne des journalistes, particulièrement les femmes et les minorités, inquiète les députés, qui demandent plus de modération pour les comptes en ligne de la RTBF, un meilleur accompagnement des journalistes et une meilleure formation des "community managers".

Quota de diffusion

Pour mieux promouvoir les artistes et la culture francophones, les élus réclament un relèvement du quota de diffusion à minimum 15%. Ils veulent aussi des obligations chiffrées de diffusion des œuvres audiovisuelles belges francophones aux heures de grande écoute. Plusieurs recommandations visent à soutenir la production indépendante et les collaborations avec les médias de proximité (télévisions locales).

Quant au conflit avec les éditeurs de presse écrite, qui reprochent à la RTBF une concurrence déloyale parce qu'elle propose des contenus écrits sur ses sites internet tout en étant dotée de fonds publics, les trois partis proposent notamment de prévoir des liens vers les sites de la presse écrite quand leur travail est cité. Ils souhaitent "garantir la mise en évidence d'informations issues des sites web des éditeurs de presse, et que cela soit rendu obligatoire par le contrat de gestion, et encadré par des conventions avec les éditeurs". Ils proposent aussi de renforcer les synergies en termes d'échanges d'espaces publicitaires entre la RTBF et les éditeurs de presse écrite.

Dans l'opposition, le PTB et les Engagés se sont offusqués de n'avoir reçu le texte de la majorité que la veille au soir et d'être poussés à mener un débat précipité. Leurs recommandations seront toutefois jointes au rapport.

Il reviendra à la ministre Bénédicte Linard de poursuivre l'élaboration du contrat de gestion. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait adopté une note d'intention en mars dernier.