Technologie ARNm utilisée dans les vaccins Covid: CureVac porte plainte contre son rival BioNTech

La biotech allemande CureVac estime être lésée et porte plainte contre son homologue BioNTech, concepteur avec Pfizer du vaccin anti-Covid qui a dopé le chiffre d'affaires du géant américain. Elle ne veut pas entraver la production mais demande réparation.

La Libre Eco, avec AFP
Le vaccin développé par Pfizer et BioNTech a été le premier autorisé dans les pays occidentaux.
Le vaccin développé par Pfizer et BioNTech a été le premier autorisé dans les pays occidentaux. ©Belga

Le laboratoire biotechnologique allemand CureVac a annoncé mardi avoir porté plainte contre son rival BioNTech, concepteur avec Pfizer d'un des principaux vaccins anti-Covid, pour atteinte à la propriété intellectuelle au sujet de la technologie novatrice de l'ARN messager.

CureVac dit avoir déposé plainte auprès du tribunal régional de Düsseldorf "contre BioNTech SE et deux de ses filiales, demandant une indemnisation équitable pour la violation d'un certain nombre de ses droits de propriété intellectuelle", selon un communiqué de l'entreprise.

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La start-up de biotechnologie, reconnue pour ses recherches de médicaments basés sur l'acide ribonucléique messager (ARNm), veut "faire valoir ses droits de propriété intellectuelle issus de plus de deux décennies de travail de pionnier dans la technologie ARNm, qui ont contribué au développement des vaccins anti-Covid", poursuit l'entreprise.

Pas d'entraves à la production

En pleine nouvelle vague d'infections dans de nombreux pays européens, CureVac assure "ne pas chercher à obtenir d'injonction et n'a pas l'intention d'entreprendre des actions en justice qui pourraient entraver la production, la vente ou la distribution" de vaccins par BioNTech et son partenaire américain.

Mais l'entreprise estime que ses "22 années" de travail sur la technologie de l'ARN, qui ont permis "le développement rapide" de vaccins contre le nouveau coronavirus, méritent une "rémunération équitable", que le laboratoire ne chiffre pas.

Cette rémunération permettrait de "pouvoir investir dans le développement de la technologie ARN et de nouvelles classes de médicaments pouvant sauver des vies", assure CureVac.

Le vaccin initial développé par Pfizer et BioNTech avait été le premier autorisé dans les pays occidentaux, en décembre 2020 et a généré des milliards d'euros de revenus pour les deux entreprises.

CureVac, fondé en 2000 par le chercheur Ingmar Hoerr, un pionnier dans la recherche sur l'ARN messager, avait été parmi les premiers à se lancer dans la course au vaccin.

Mais le rival de BioNTech avait dû annoncer en octobre 2021 l'abandon du développement de son candidat-vaccin contre le Covid-19, initialement porteur d'espoir, mais dont l'efficacité s'est révélée décevante.

L'entreprise avait alors annoncé "se focaliser sur le développement d'un vaccin de deuxième génération contre le Covid-19" sur lequel il travaille avec le Britannique GSK.